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Escales brésiliennes

Cette fois-ci, pas de photos dans le texte. Voir https://picasaweb.google.com/yves.baulac/GalinhosLencoisSoure
 

Orionde à Galinhos

Du 16 au 19 Février Orionde et son équipage ont fréquenté ce petit paradis sur terre, dont le nom évoque le petit poisson Saint Pierre (peixe galo en brésilien).

Arrivés en fin de matinée mardi, c'est là que Henrique et Lise ont fait leur valise pour passer quelques jours à Natal avant de regagner leur nouvel appartement à Porto Alegre.  Après une visite de courtoisie à BabyGlaz, autre voilier français perdu dans ce petit paradis, une visite à la pousada Araturu face au mouillage d'Orionde nous permettra de disposer durant les trois jours de cette escale du wifi à bord, c'est le grand luxe, cela faisait bien longtemps que cela ne nous était pas arrivé ! En plus d'être charmante la tenancière de la pousada nous avait offert son café & biscuits. Le soir les Oliviers de Babosso viennent partager notre poisson acheté l'après-midi même aux pêcheurs, et refaire le monde tout en nous racontant les charmes et mérites de son métier dans la finance (Olivier 1).

Mercredi après-midi nous voilà partis à la découverte des environs de Galinhos, marche agréable par le bras de mer intérieur, en compagnie des chèvres au début puis le long de la mangrove, vaec beaucoup de coquilles vides de coques. On monte sur la dune d'où l'on voit bien le mouillage, le trapiche qui rejoint la BR en face et les salines vers l'Est. Après une heure et demi on atteint Galo, guarana bien fraîche oblige, ce village avec ses nombreux puits est en fait beaucoup plus petit (500 hab environ) que Galinhos (3000 hab environ). Mais il semble que c'est là qu'on trouve le meilleur restaurant du coin, chez dona Irène. Le retour vers Galinhos se fait par la plage face au large, peu de monde, des kite surfs au loin vers le phare.

Jeudi matin tôt c'est l'aventure, malgré la déception de Yves qui avait envie de conduire lui-même un buggy dans le sable (nostalgie du Sahara ?), Junio nous emmène faire un tour avec son buggy. Junio est né à Galinhos, il a passé sa jeunesse à Natal, puis est revenu vivre avec sa mère ici. Il s'y est marié, avec la patronne du mercadinho Melo, deux enfants à ce jour, et il nous a beaucoup chanté les douceurs de vivre à Galinhos. En plus d'être un lieu touristique assez fréquenté (pour sa plage notamment), avec des jolis bateaux qui font l'aller-retour route BR-Galinhos 60 à 80 fois par jour, c'est un spot réputé pour le kite surf.  Junio était kite surfiste au début, puis instructeur de kite surf, et s'est finalement converti en guide pour buggy. Depuis quelques années ils ont créé une association des buggistes de Galinhos, de façon à pouvoir gérer au mieux les problèmes de sécurité (accidents) et de pannes (coût des réparations et du renouvellement de buggy). Il aime beaucoup ce petit paradis mer-lagune, où chacun prend son temps, avec peu de contrainte, une vie simple et facile. Son opinion sur les responsables municipaux n'est pas bonne du tout, elle rejoint celle de Henrique à propos des responsables politiques brésiliens, mais cette corruption n'entame pas sa bonne humeur. Au bout d'une demi-heure nous nous réfugions prendre un café à la pousada de la plage, puis c'est reparti pour Galo via la plage (où les tortues sont nombreuses et même surveillées régulièrement), puis Capim via les dunes, avec son champ d'éoliennes. Grâce à la mobilisation de quelques citoyens de Galinhos et Galo, ils ont réussi à empêcher le promoteur des éoliennes à les implanter trop près de ces deux villages. Les salines fonctionnent toujours, avec seulement 6 à 7 personnes y travaillant tous les jours. L'électricité arrive à Galo en traversant sur pylônes les deux bras de mer qui y conduisent, et c'est grâce à cette info donnée par Junio qu'Orionde a évité le pire, c'est à dire d'y heurter son mât, car nous avions projeté d'aller mouiller devant le village de Galo le lendemain. Au retour on achète à Galo un kilo de coques décortiquées congelées, ce sont comme les berbigoes achetés aux Açores (il nous en reste), et un kilo ça fait beaucoup, on en donne la moitié à Baby Glaz.

Junio était très bavard, et c'est lui qui nous a appris aussi que si Baby Glaz a eu la malchance de se faire contrôler par les autorités maritimes (avec aller-retour imposé sur Natal), c'est parce qu'il était là au moment du carnaval, et qu'à cette période les autorités viennent contrôler les bateaux navettes et leur nombre de passagers. Visite l'après-midi à la pousada Amagali (couple belgo-brésilien heureux de vivre là), pousada qui marche bien avec sa vingtaine de chambres dont la moitié est occupée en cette période de fin de vacances scolaires.

Vendredi matin, Orionde se prépare à nouveau pour prendre la mer, dernières photos sont prises de ces très jolis bateaux qui font la navette avec la BR.

Lencois

Arrivés à Lençois mardi 23/02 en milieu de journée, on est tout de suite très bien accueillis par Yovo à côté desquels on mouille. A notre droite très belle dune, à notre gauche la mangrove. On voit bien le village de Bate vento (île de Maiau) derrière nous et on aperçoit tout juste celui de Lençois devant, seulement quand la marée est haute. Lençois ça veut dire "drap" en portugais, ce nom évoque l'aspect général de ces dunes de sable couleur générale ocre clair, avec toutes les nuances allant du blanc crème au gris, le gris étant dû à une fine poussière noire faisant des auréoles au gré des caprices du vent ou de la pluie. On peut même trouver de l'eau dans les creux de ces dunes. Certaines ont une bonne pente, amusante à escalader, d'autres moins moins. Ce qui fascine surtout ce sont les impressions de drapés type rideau de théâtre ou jeté de tissu tous plus variés les uns que les autres avec le liseré gris qui en souligne les bordures plus resserrées.  L'après-midi une ballade en haut des  dunes  nous offre une vision de  toute l'île de Lençois, avec son village (300 hab) et ses trois éoliennes, ainsi que la vision du large et de ses bancs de sable.

Le lendemain c'est au  village de derrière nous  (île de Maiau appelée aussi  Batevento), que nous allons, à marée haute pour ne pas avoir à marcher dans une  vase bien visqueuse et glissante. On y fait quelques emplettes, notamment les bolachas salés soufflés petits et tout ronds (très bien comme nourriture de quart), et puis aussi quelques  tomates, patates, et des bananes. Pour le pain, il faudrait y revenir l'après-midi, on fera l'impasse, c'est Yves qui fera le boulanger. Ensuite ce sera une ballade à la pointe Nord de l'île de Lençois pour tenter de voir plus d'oiseaux, ce ne sera pas le cas. Mais les paysages sont beaux, mangrove desséchées et bancs de sable, on est à marée basse. Aux deux endroits l'instituteur nous aura permis la  visiter de son école, beaux bâtiments en dur, l'une avec son sol déjà un peu défraîchi (alors qu'il n'a que 10 ans), et l'autre avec sa "bcd" dans une mezzanine à laquelle on accède par une échelle de meunier. Le soir c'est repas entre yachties avec Jacky et Monique (de Baseli), François et Francine (de Yovo), sur Orionde. Chacun a préparé quelque chose: crevettes, pois cassés au jambon, oeufs au lait en dessert. Ce fut un bon moment.

On fera aussi une longue balade vers la pointe Sud de Lençois, ballade qui commence par une traversée des dunes en hauteur, puis redescente  sur la côte Est de l'île, pour ensuite longer la plage jusqu'aux petites cabanes en paille que l'on avait vues en rentrant dans le chenal et qui sont habitées par quelques familles de pêcheurs d'Apicum Açu (petite "ville" à trois heures de moteur de là). Ces pêcheurs nous montrent comment, en creusant le sable sur 80 cm de profondeur seulement, ils trouvent facilement de l'eau, plutôt claire et potable. Ils nous font visiter leur campement, ils y séjournent à tiers temps environ, et plus souvent encore pendant les vacances scolaires. Ils nous offrent des crevettes séchées, avec un peu de farofa, nous faisons beaucoup de photos d'eux, ils seront ravis de les recevoir en cadeau le lendemain. Belle rencontre avec ces habitants du bout de l'île !

Petit à petit on se retrouve le seul voilier au mouillage, alors qu'il y en avait cinq quand on est arrivés, tous venant de Jacaré. C'est alors une journée un peu morose avec une météo dégueulasse, et une  ballade en dinghie, écourtée en raison d' un épisode de chauffe du moteur hors-bord. Pour se réconforter on se regarde le Festin de Babette en film en fin de journée, on s'attendait plus à une comédie, donc ça fait bizarre mais c'est pas mal quand même.

Le dernier jour, après un ménage intérieur soigneux, une dernière ballade au village de Lençois, nous permet de faire la connaissance de Vanderson , pêcheur local 29 ans, on commence par boire des bières avec lui à l'épicerie tout en mangeant des bolachas soufflés ronds. Puis il vient déjeuner avec nous sur Orionde et nous raconte un peu sa vie et celle de sa famille, tout en nous posant beaucoup de questions sur comment on navigue avec Orionde, il est très curieux de tout. Il gère un bateau qui va pêcher un peu au large, qui reste parfois 8 jours en mer, et il donne la moitié de la recette de sa pêche au propriétaire du bateau. Cet échange fut fort sympathique, dommage que l'on ne se soit connus que le dernier jour .... il nous offre son porte bonheur et il repart avec des photos, des médicaments contre le mal de mer et un petit livre de gommettes pour sa fille Julia (6 ans).

Soure


On prononce comme si ça s'écrivait "sore" en brésilien. C'est sur l'île de Marajo, à l'entrée de l'Amazone, c'est grand, un peu plus de 20000 hab, avec des rues quadrillées comme à New York (il parait que c'est le même urbaniste que celui qui a créé Belo Horizonte) qui se comptent en "rua" et en "travessa". Quand on y arrive le mercredi 2 Mars  Jacques et Odile de Thira sont toujours là, on passe une bonne soirée ensemble avant qu'ils s'en aillent eux pour Cayenne le lendemain, ils nous donnent pas mal d'informations sur les attraits touristiques de Soure et sur les formalités administratives à faire à Belem.
Tout le monde circule en vélo, les rues sont très larges, mal entretenues mais  une rangée de très beaux manguiers au milieu, et y a de la place pour tout le monde, les vélos, et pour aussi quelques voitures, les buffles et les chevaux en liberté. La nuit le mouillage se remplit de bateaux de pêche venant se reposer quelques ou plusieurs heures. Les pêcheurs restent à bord, mangent et dorment sur leur bateau avant de reprendre la mer dans la nuit ou au petit matin. Pas mal d'oiseaux, des petits au corps bien jaune, un très particulier avec une seule plume très rouge sur l'arrière, des vautours (ou ça y ressemble) aussi, mais peu de guaras. Malheureusement pour nous il semble qu'il y en ait beaucoup plus à la saison sèche. On louera des vélos un jour, ce qui nous permet de sillonner la ville (bien étalée), de porter notre linge à la pousada de Thierry, et d'aller faire la balade de la plage située un peu au nord sur le rio Para.




 

Il pleut. Il pleut comme il sait pleuvoir dans cette zone intertropicale. Il a tellement plu cette nuit que l'annexe sur ses bossoirs était archipleine ce matin vu qu'on avait oublié d'ouvrir la vidange.
On part demain à l'aube... même s'il pleut. Ceci dit on aura eu de la chance pour notre petite semaine d'escale ici, il a fait un temps plus que correct jusqu'à hier.

La ville est dessinée à l'américaine, un quadrillage d'une dizaine de "ruas" et d'une vingtaine de" travessas", sans doute encore plus plat que Grenoble, mais sans montagnes environnantes donc encore plus difficile pour certain d'entre nous de s'y repérer.  A pied on fait vite des kilomètres, mais on peut louer des vélos. Des vélos il y en a d'ailleurs quelques milliers en ville avec quand même quelques centaines de motos et quelques dizaines de voitures.

On retiendra :
Le steak de filet de buffle, une merveille de gout et de tendresse à condition d'arriver à se le faire cuire saignant ce qui n'est pas simple au Brésil, les gens n'aimant que la viande bien maronnasse.

La remontée du rio Paracauari avec Harold, notre guide qui y a pêché pendant des années. Quelques méandres, quelques bancs de sable avant d'être bloqué quelques heures plus tard par un fil électrique devant le village de Mangueira, bien perdu au milieu de l'ile de Marajó.

La balade dans la fazenda du coin avec buffles, oiseaux, caïmans (bien loin de nous quand même) et la balade en vélo sur la longue longue passerelle en bois qui permet de "rouler" au-dessus de la mangrove.

La virée à Belém pour faire les papiers de sortie du pays, pensum qui s'est beaucoup mieux passé que prévu : départ 5h en bac/bus, bateau à 6h30, Belém à 9h30, formalités terminées à 11h00, quelques heures dans l'immense marché de "Ver o peso" et sur le port de pêche vraiment pas ragoutant avec animaux morts et autres détritus que flottent dans le rio, et on est de retour sur Orionde à 19h00 (c'est Raimondo qui était content, lui qu'on avait payé pour garder le bateau jusqu'au lendemain).

Navegaçao de cabotagem

"Navegaçao de cabotagem", on peut dire aussi croisière côtière au Brésil.

" Navegaçao de cabotagem", c'est un petit clin d'oeil à notre auteur brésilien favori, Jorge Amado. Et si vous n'avez pas lu "Capitaines des sables" ou "Gabriela, girofle et cannelle", il faut le faire derechef. Et nous on les lit dans le texte, làlàlà  (bon là on se la pète un peu, hein ?)

Les étapes sont un peu plus longues que sur la côte d'azur, 220 milles jusqu'à Galinhos, 600 milles jusqu'à Lencois, 260 milles jusqu'à Soure, et encore 600 pour les îles du Salut en Guyane.

Ce qu'il y a de bien, c'est que le vent nous pousse toujours et que le courant nous pousse souvent (un peu moins près de la côte où les marées prennent le dessus)

Ce qu'il y a de moins bien, c'est que l'eau est boueuse de chez boueuse, pas question de voir à plus de 20 cm mais bon, elle est fraiche et il n'y a pas de piranha donc on en profite quand même.

Ce qu'il y a de bien, c'est que les mouillages sont très abrités, au fond d'un rio, on est soumis plus au courant qu'au vent et on laisse le bateau sans arrière-pensée pour aller se balader.

Ce qu'il y a de moins bien, c'est que les fonds sont faibles très loin au large (la ligne des 50 mètres passe à 30 milles au large) et qu'il y a plein de bateaux de pêche, peu ou pas éclairés, souvent mouillés et pêchant avec des filets plus ou moins dérivants qui se baladent.

Ce qu'il y a de bien, c'est que les pêcheurs sont tous des gens très sympathiques et il y a peut-être entre nous une certaine solidarité de gens de mer. En tout cas les crevettes, fraiches ou séchées/salées sont excellentes.

Ce qu'il y a de moins bien, c'est que la mer est le plus souvent hachée, surtout quand on passe la "marche" du plateau continental (on passe de 2000 à 50 mètres en quelques kilomètres).

Ce qu'il y a de bien, par rapport à notre précédente visite (en 1978), c'est que les cartes sont bonnes et que le GPS est un déstressant majeur. Avec Shieldaig, on passait la journée sur le pont avec le sextant à essayer de choper le soleil entre les (nombreux) nuages et à faire des mesures difficiles avec un astre à 80 degrés de hauteur. Maintenant c'est tranquille, on suit sur la carte, même pas besoin de scruter l'horizon à la recherche du cocotier de service. D'ailleurs je vais glisser l'idée à Google qu'il serait beaucoup plus facile de faire un google boat qu'une google car !!

De Jacaré à Galinhos, les faits marquants

a) On était avec Lise et Henrique, un peu surpris que la mer bouge nettement plus que sur le lagoa dos patos, le gigantesque estuaire sur lequel ils naviguent à Porto Alègre.
b) On s'est planté un peu sur l'heure de départ et on est allés beaucoup trop vite, et, pour ne pas arriver de nuit, on a été obligé de prendre 3 ris et de mettre la trinquette comme dans un vrai coup de vent et même on a fait trois heures à la cape.
c) On a eu la frayeur du siècle. Tout à coup, à 30 mètres droit devant, un bateau de pêche mouillé. Ne cherchons pas de responsable, on aurait tous dû jeter un coup d'oeil plus souvent. Heureusement il y a eu deux bons réflexes, débrancher le pilote et mettre le moteur. On est passé très très près de leur ligne de mouillage.
d) Pas longtemps après, on s'est pris un filet ou plutôt deux gros bidons reliés par des ficelles. Là gros avantage du dériveur intégral : on remonte l'hydro, on remonte la dérive, on remonte le gouvernail et zou, la machin se barre, ouf. Bon c'aurait été une autre paire de manche si la ficelle s'était prise dans l'hélice. Une autre fois.
e) L'atterrissage pour Galinhos, c'est le champ de plateformes pétrolières.  On ne sait pas bien si on a le droit de passer ou pas. Finalement, sur les cartes brésiliennes, c'est écrit en petit que s'il est fortement déconseillé d'y entrer, l'interdiction c'est d'approcher les structures à moins de 500m. On rentre dans le champ et on respecte  les 500m.
10 milles plus loin, le chenal d'entrée se trouve facilement, des rouges et des vertes. On se rappelle que dans cette partie du monde, on laisse les rouges à tribord quand on embouque le chenal. Par contre il y a bien peu d'eau, deux mètres tout juste et une houle qui presque déferle. On serre les fesses et là aussi avantage au dériveur.
Ensuite, c'est calme et serein jusqu'au mouillage.

De Galinhos à Lencois, quelques épisodes

600 milles rien que tous les deux, c'est la première fois depuis les Açores.

Les premières 24 heures n'ont pas été zen, le chenal, on l'a fait au moteur à un noeud contre le vent, contre le courant, contre les vagues. Le grain du petit matin suivant a été particulièrement fort et long et on s'est dit que ça allait être comme ça tout le temps et le moral, sans être en berne, n'était pas au beau fixe.

Et puis ne voilà-t-il pas qu'un machin bizarre apparait sur l'écran de l'ordi avec 6 échos AIS bien alignés deux par deux. On a cru que c'était un champ de plateformes. Bon on passe à 5 milles au nord, pas de problème. Mais on se fait sonner à la VHF (qui pour la première fois de notre vie était restée allumée) par le navire "Atlas" qui nous intime de changer drastiquement la route. On ne comprend pas, on tergiverse mais ça y est on a compris. C'est un navire poseur de câbles qui traine en surface derrière lui 10 km de câble sur lesquels il y a les fameux échos AIS. Et bien sûr on est sur une route de collision. Donc cap au sud, ça râle sur Orionde mais finalement deux heures plus tard, on reprend pépère notre cap.

Et ensuite, divine surprise, plus le moindre petit grain ni pépin pendant les 4 journées suivantes. On est grand largue ou vent arrière, avec du courant ou sans courant mais à 150 milles par jour. On arrive pile de jour et on mouille juste devant les copains.

De Lencois à Soure, journal de bord

260 miles, on mettra deux jours et des brouettes. Partis dès potron-minet du bout du bras de mer. Les pêcheurs nous ont posé un lapin, on s'était donné rendez-vous mais ils ont dû oublier que c'était Dimanche et partir à la "ville, Apicum Açu. Quelques heures de moteur pour se dégager de la baie,  on a le courant contre.

On ne va pas faire 50 milles au large pour retrouver des profondeurs de 50 m donc on restera tout le temps dans la zone des petits bateaux de pêche. Evidemment la première nuit on est entouré des dits pêcheurs, qui vont et viennent certains plus ou moins arrêtés et bien éclairés, certains avec un feu qui clignote vert rouge blanc, impossible de savoir dans quelle direction ils vont. Et finalement on pense que c'est eux qui étendent les fameux filets dérivants. Et bien entendu, on s'en paye un, le bateau s'arrête et on entend un claquement.  Ça repart mais la rotule du pilote se met à couiner. On connaît maintenant la cause, c'est le gouvernail qui n'est plus tout à fait en bas et le pilote est obligé de forcer comme une brute, nous à la main on n'y arrive plus. Là ce n'est plus Yves qui a laissé la manette de la vanne dans le mauvais sens, c'est la pastille qui sert de fusible qui a sauté quand le filet a forcé sur le safran. On savait que ça existait mais on ne savait pas bien comment se passait la réparation. A la frontale, on démonte, on comprend, on remplace et on pompe... et ça marche, ouf !!

Le lendemain, une tension s'installe sournoisement à bord au fur et à mesure qu'on approche de l'entrée de l'Amazone.

On se rappelle combien on avait galéré pendant trois jours avec Shieldaig, le phare d'atterrissage qu'on cherchait depuis 24 heures à grands coups de sextant avait coulé et heureusement on avait finalement aperçu au loin un bateau sur lequel on s'était précipité... Et c'était justement une barcasse des phares et balises qui recherchait elle aussi le dit phare. Ils nous emmènent mouiller près de la côte, mouillage épouvantable de houle et de vent et le lendemain nos nouveaux copains viennent et nous plient un chandelier en nous apportant un message (on l'a toujours, scotché dans le vieux livre de bord) décrivant la route à suivre. La chaine se casse en essayant de remonter l'ancre bloquée au fond, probablement sous un tronc. Ambiance. Mais finalement on les suit vaille que vaille avec les 12 chevaux Yanmar de Shieldaig (on en a 55 avec Orionde)on arrivera à Belem.

Tout ça pour dire qu'on y allait un peu à reculons, Christine pensait si fort "Quelle idée de revenir dans ce coin" que ça en couvrait le bruit des vagues. D'autant plus que les blogs n'étaient pas très positifs (regrouper vous à l'entrée, ne jamais mouiller, ne pas essayer d'entrer de nuit, veille à deux avec projecteur, ...)

Et finalement, tout s'est passé comme une lettre à la poste. La bouée d'atterrissage n'existe pas, mais on s'en fout, on suit notre petit bonhomme de chemin sur la carte, on tourne à gauche, on embouque le canal à minuit, il reste 50 milles, 5 heures de courant contre puis 6 heures de coutant portant et nous voilà, contents et fatigués, qui mouillons à Soure à côté de Thira, qui lui a galéré un peu plus que nous (grains, ronds dans l'eau en attendant le jour, filets).

On va passer une semaine ici et on reviendra dans quelques années pour faire le tour de cette ile de Marajo (il faut 3 semaines au minimum).

Et puis Raymond me rappelait que dans les Enfants du Capitaine Grant, les naufragés en détresse finissent par boire de l'eau de mer et miracle, elle est douce alors que nulle terre n'est en vue. Non seulement ils sont sauvés de la mort mais en plus ils savent où ils sont, car l'Amazone est le seul fleuve qui rejette l'eau douce à plus de 40 milles des côtes.



Les fruits tropicaux

A part les trois ou quatre qu'on connait bien, il n'y a pas de quoi en faire toute une salade, juste une photo patchwork, prise au grand marché du samedi à Cabedelo.





Eh oui, à forme et taille et couleur identiques, les "sapoti" sont comme des poires un peu blettes, les "acerola" n'arrivent pas a la cheville des cerises, mieux vaut quelques mirabelles qu'une cagette de "ciguirela", tous les "jabuticaba" du monde n'ont pas le gout des myrtilles. Et les "pinha" et autres "jaccas" sont aux fruits ce que les rutabagas et les topinambours sont aux patates : ça change mais c'est quand même moins bon. Et même les "abacaxi" sont moins goutus que les ananas des Açores.

Ceci dit, les mangues qui coulent dans les doigts ou qui accompagnent la mousse au chocolat, les maracujas bien écrasés dans du rhum ou sous la dent, les goyaves en jus a peine sucré, les papayes bien fermes au petit déjeuner, on ne s'en lasse pas.

La faune navigatrice

On trouve de tout sur les bateaux, des jeunes et des moins jeunes, des babas et des bobos, des coques de noix et des yachts rutilants, des bavards et des taciturnes, etc.


Aux Açores on était la plupart du temps avec des trentenaires qui revenaient d'une année sabbatique autour de l'Atlantique. Ca grouillait de gamins sur les pontons. Ils nous invitaient pas toujours à l'apéro, vu qu'ils pensaient qu'on prenait une camomille à 18 heures avant d'aller au lit

Au Cap Vert, on était hors saison et on a surtout vu des babacools qui lanternaient au CapVert, où la vie est facile et les autorités bienveillantes. Faut jouer le jeu, tirer un peu sur les pétards et pas parler de retraite.

Ici à Jacaré, on est enfin avec notre groupe, des papy mamy qui vont et viennent autour du monde, qui laissent le bateau un mois pour visiter le Brésil puis trois ou quatre mois de vacances pour rentrer en France voir la famille.

Petit tour de ponton :

Il y a Viramundo avec Eliane et Christian sur un magnifique Cata. Ils sont partis il y a quelques jours et doivent déjà être en Guyane. On a bien sympathisé et on les a presque convaincu d'aller dans le Pacifique avec nous l'an prochain. Sinon on se verra à Genève ou à Grenoble pendant les vacances.

Il y a Basila avec Jacky et Monique. Le coeur sur la main, toujours à aider quelqu'un et j'en ai bien profité pour installer les panneaux solaires.

Il y a Yovo avec Francine et François. Ils bouclent leur tour du monde commencé il y a 7 ans. On partage les mêmes difficultés d'iridium et de BLU. Ca c'était pour le mauvais côté des choses. Pour le bon, on mange ensemble ce soir et c'est Colombo de poulet chez eux.

Il y a Charlène avec Bernard et Micheline. On a pas mal d'escales en commun, aux Seychelles, à Sri Lanka ou au Groenland. Et Micheline fêtera ses 80 dans quelques semaines.

Il y a Macajou avec Pierre et Eric, qui laissent leurs femmes à terre quelques mois par an pour naviguer. Et Pierre est intarissable sur le Venezuela où il vécu 25 ans et monté une grande ferme.

Etc...

Escapade d'une semaine à Bahia



On s'est donc offert une semaine de voyage dans l'état de Bahia, ce qui nous a beaucoup plu. On a passé tout d’abord deux jours à Salvador de Bahia, ville toujours très animée surtout une semaine avant le carnaval. On a pris plaisir à fréquenter la Fondation et la maison de Jorge Amado. On a été aussi dans des musées, dont le MAFRO et celui de la marine où les instruments de navigation (progression de l'astrolabe en passant par l'octant et jusqu'au sextant) étaient très bien montrés, de même que la progression de la cartographie avec les différents voyages transatlantiques de l'époque de Colomb et Magellan. Et puis on a été au spectacle, ballet folklorique de Bahia (avec démonstration de capoeira pas mal du tout), et concert du groupe Olodum. Tu connais peut-être ce groupe ? nous on connaissait pas, ils ont aussi une vocation sociale pour favoriser l'insertion des jeunes pauvres et paumés, leur musique est bien, et certains chanteurs sont excellents ! Mais on n'est pas restés 4 heures à les écouter, ça faisait trop de bruit ... et c'était debout tout le temps ....

De Salvador on est allé en bus puis en minibus pour arriver au pied d'une petite chaine de montagne qui s'appelle Chapada Diamantinas (nommée ainsi à cause des chercheurs de diamants et d'or). Au Brésil les bus sont confortables, heureusement car les distances sont grandes et les vitesses moyennes pas très élevées.... Il nous a fallu 10 heures de route pour atteindre le un gros village qui s'appelle Valle do Capao (Capao c'est aussi le nom de la rivière qui y coule). C'est un endroit charmant très tranquille et vivant à la mode hippie pour les uns ou « bobo» pour les autres, on était les plus vieux dans le paysage ..... Les trois jours précédents notre arrivée avaient été trois jours de pluie intensive, et nous avons eu de la chance car le temps s'est mis au beau dès le premier jour de notre trek et ce jusqu'au dernier jour. C'était bien car le terrain est par nature humide, alors on a vu ce que c'était quand il est "gorgé" d'eau, il fallait vraiment faire attention où on mettait les pieds à chaque instant le premier jour. Ca ressemble un peu au Vercors avec ses falaises surplombant un grand plateau, et aussi un peu à la Nouvelle Zélande avec sa forêt tropicale (en moins moussue quand même). Mais ça a ses particularités, de couleurs surtout, comme par exemple celle des pierres, du blanc au violet en passant par le jaune, l'orange et le rouge, et la couleur de l'eau parfois rouge foncée ce qui rend bien le contraste avec les pierres sur les photos, on n'aura pas besoin de les saturer en couleur ! Et c'est un vrai régal pour la végétation notamment les fleurs, les tibouchina violettes, les orchidées (en rouge et rose vifs), la grande clochette bleue de la famille des gentianes, la pseudo-bruyère en fleur ou non ressemblant à l'urzella des Açores, l'ananas sauvage, et plein d'autres petites fleurs plus différentes en forme et en couleur les unes que les autres. Et même quand il n'y a pas de fleurs, là aussi c'est un festival de couleurs, les fougères arborescentes, les plantes ornementales comme la palette du peintre, le sapin miniature, le rhododendron (dommage la saison des fleurs était déjà passée), que ce soit en forêt ou sur le plateau en terrain dégagé on a là un bel exemple de biodiversité ! Et toujours dans les couleurs on a eu droit à de beaux vols de papillon couleur jaune et orange très vives, c'était superbe. Sinon l'attrait c'était aussi l'eau des cascades et des rivières dans lesquelles on peut se baigner et/ou se faire masser. Elles sont parfois difficiles à traverser, on est souvent obligé de se déchausser pour les traverser les pieds dans l'eau... mais on n'est pas tombés ! On s'y est baignés ! On a dormi deux nuits chez l'habitant, très isolés puisque sans téléphone ni internet. Ce sont en fait des anciens habitants de la vallée do Pati (vallée où coule une autre rivière), région où l'on a beaucoup cultivé le café il y a 50 à 60 ans, quelques-uns de ces habitants se sont reconvertis dans le service aux touristes: hébergement dans des chambres avec confort sommaire mais suffisant, et restauration pour le soir type buffet bahianais. Petit déjeuner continental avec jus de fruit frais et oeufs brouillés, la classe. Et en plus il fait frais quand on dort la nuit là haut, à 1200 mètres d'altitude, on prend plaisir à se mettre sous la couverture.

Des photos du Brésil sous-titrées






De l'art de remonter les "jangadas" sur la plage entre Jacaré et Cabédélo

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Sont-ils pas appétissants ces crabes colorés ? On en a goûté à Salvador, et ils n'étaient pas du tout parfumés ....

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Place du Pelourino à Salvador, un matin tranquille, vue depuis la Fondation Jorge Amado

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Art brésilien: femmes, danses sans oublier la musique

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Danseuses bahianaises, discussion sympa avec le peintre même si on ne lui a rien acheté ...

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Concert du groupe OLODUM à Salvador, ce groupe se produit depuis 1979, il s'est donné une mission d'insertion sociale des jeunes en plus de la musique. Intéressant à tous points de vue

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Yemanja, déesse ("orixa") de la mer. Le candomblé compte environ 22 Orixas, chacun(e) d'elle étant associé à un saint de la religion chrétienne, syncrétisme voulu, histoire que ça communique mieux entre les européens et les africains.

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Plat typique bahianais: acarajé fourré au vatapa et aux crevettes. C'est plutôt bon, pas facile à manger car les crevettes ne sont pas épluchées .... Mais le plus étrange de la photo, c'est que ce sont des acarajés en plastique, en vitrine dans la maison de Jorge Amado sans qu'on sache bien pourquoi

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Sur un sentier de la montagne, premier jour du trek, on est fiers comme tout avec les beaux bâtons qui nous ont été offert à Noël. Chacun un bâton, ils s'avèreront bien utiles pour la traversée des rivières.

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Paysage des plateaux des monts Gerais, beau temps, il fait presque chaud même ici en altitude.


L'eau de la rivière est bien rouge, il s'agit du rio Preto (rivière noire) comme son nom ou sa couleur l'indique. Là c'est une traversée de rivière facile.

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Maison du Sr Wilson, là où nous avons dormi "chez l'habitant" pour la première nuit.

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Première baignade dans une vasque du rio Pati. Eau un peu fraîche mais bonne.

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Ca secoue fort directement sous la cascade !

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Une autre maison, celle de Dona Raquel. On n'y a pas dormi, Antoine y a juste apporté le courrier (la communication avec les gens de la vallée en bas ne peut se faire que par message, pas de téléphone qui passe, pas d'internet non plus).




Notre guide, Antoine, devant le Morro do Castelo.

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Dans ces hébergements chez l'habitant il y a beaucoup d'interdits ! dont celui de taper la conversation avec la cuisinière .....

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Belle grosse araignée, non identifiée encore, mais peut-être un jour.

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Autre cascade sur le rio Pati, là on traverse pas vraiment, mais un peu plus haut et un peu plus bas si.

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Beau plongeon dans la vasque qui s'appelle "Poça das Arvores", sur le rio Calixto.

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Ca secoue aussi fort cette petite cascade du rio Calixto.

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Fleurs plantées par Jailson et sa femme, à l'hébergement où nous avons passé la deuxième nuit.

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Sur un sentier dans la forêt tropicale, en tournant autour du Morro do Castelo.

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Jolies marbrures naturelles, dans les gris roses, ça ferait un beau carrelage de maison ça !

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Jacquier, les fruits sont lourds, ne pas rester sous l'arbre au risque de s'en prendre un sur la tête.

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Paysage des plateaux des monts Gerais, il fait moins beau, on est toujours contents de marcher avec nos beaux bâtons.

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On a quand même mis les capes de pluie une fois pendant ce trek, et on profite d'une petite brise pour les faire sécher.

Pour ceux qui veulent avoir un aperçu de la géographie du Brésil

Nous, on restera que dans le Nordeste

Entr'acte

Salut du 29 novembre,
Nous voici à Jacaré à la corne du Brésil, dans une marina au fond du rio Paraiba.  C'est le Brésil, chaud le climat, chauds les brésiliens, sympa la marina et les yachties.
On va y laisser le bateau 6 semaines. D'abord  quinze jours sur le bateau de Sarah aux Antilles puis trois semaines à Paris / les Adrets... On s'y verra pour certains.
On n'en a pas marre, donc on revient ici le 12 Janvier avec un programme chargé : quelques incursions en bus/avion dans le Brésil un peu plus au sud puis le carnaval près d'ici Recife / Olinda... le plus beau du Brésil disent-ils !! Ensuite remontée de la côte Nord-Est du Brésil, l'embouchure de l'Amazone, les Iles du salut en Guyane, Trinidad. Ensuite c'est moins clair : droit sur Cuba ou quelques mois aux Grenadines et à la Guadeloupe, à voir.

Fernando, la perle de l'Atlantique

Des quatre jours passés à Fernando, on retiendra...

•    C'est une des plus belles iles de l'Atlantique, même si un peu trop organisée et parcnationalisée. Mais du coup le nombre de touristes est limité (500 au max ensemble sur l'ile)
•    Daniel le capitaine du port, bavard, philosophe est néanmoins très très gentil et qui, hasard, connaissait Ruzevel, son lointain prédécesseur qui nous avait promené dans sa jeep lors du premier passage
•    Les flamboyants de la place aux Flamboyants qui ne flamboient pas en ce moment pour cause de saison sèche mais on a quand même trouvé quelques graines rouges et noires pour faire des maracas à Alix
•    Le buggy si rigolo à conduire sur la trentaine de km de pistes de l'ile mais pas si simple d'y monter et d'en descendre avec nos abattis piteux
•    La plage du Sancho, la plus belle du monde, ça a l'air vrai et puisqu'ils le disent
•    Les dauphins "rotatores" qui tous les matins viennent faire des cabrioles dans la baie
•    Viramundo le cata suisse, qu'on reverra avec beaucoup de plaisir à Jacaré
•    Nos premières mangues d’Amérique du sud
•    La jetée qui n'existait pas il y a 38 ans et qui permet maintenant d'aller à terre sans craindre de se retourner sur un rouleau
•    Les pailles en queue et les frégates qui font de leur pêche un spectacle permanent
•    Les 10 ou 20 autres plages toutes aussi belles sur la "Mar de dentro" (sous le vent) et sur la "Mar de fora" (au vent)
•    Les premières bières antartica
•    L'accent brésilien qui nous donne du fil à retordre, on est loin du portugais facile des Cap verdiens
•    Les photos qui suivent