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Abecedario cubano

Deuxième et dernière livraison sur Cuba sous forme d'abécédaire, l'organisation la plus facile pour les cossards de la mise en forme que nous sommes.


Abel et les autres pêcheurs
Il a de la chance, Abel, toujours en tête de liste alphabétique, c'est mieux que Zoé ... ou Yves. Nous on a de la chance de l'avoir rencontré, Abel. C'était à Cayo Blanco de Zaza, avant Noël (par hasard), puis après Noël (en l'appelant au téléphone la veille). Avec ses collègues, sur deux barques de 5 mètres qu'il faut écoper en permanence, ils viennent pêcher la langouste, la crevette, le pargo. Ils n'ont pas vraiment le droit de s'éloigner ainsi de la terre mais à Cuba, si on ne faisait que ce à quoi on a droit ... Ils cherchent aussi des tortues, surtout pour les oeufs, aphrodisiaques parait-il. Bon ce n'est pas sympa pour les tortues mais les pêcheurs locaux à notre avis, ils ont le droit, ils savent respecter la nature. On n'a pas gouté les oeufs de tortue (on l'avait fait en Guyane avec Shieldaig et on n'avait pas été convaincu ni par le gout, ni par la consistance, ni par l'effet supposé), mais on a bien apprécié les langoustes et les crevettes. Eux étaient ravis de monter sur un voilier de millionnaire, de boire du rhum vénézuélien pour changer, de repartir avec leur sac de petits cadeaux.

Des Abel, on en a rencontré un peu partout dans les Jardins de la Reine et dans les Canarreos, que des belles rencontres.
Des langoustes cubaines, on en a mangé des seaux, on en a bien vu une ou deux sous l'eau mais plus souvent dans les viviers des bateaux de pêche qui n'en sont pas avares. Ils les pêchent, en plongée, avec des palmes rafistolées de tous les côtés, une bonne demi-tonne par jour qu'ils gardent vivantes avant de les envoyer à l'ile principale se faire congeler puis par chez nous se faire picardiser.



Bed & Breakfast ou plutôt Casa Particular

C'est le moyen le plus simple de profiter de la manne touristique. On arrange une ou deux chambres dans sa maison, et on se déclare "Casa particular".

C'est toujours, du moins pour nos quelques expériences, très sympa et très correct. Faut pas s'attendre à une douche comme à la maison, mais l'eau sort de la pomme et assez souvent chaude. Faut pas avoir peur de dormir sous un crucifix, mais les matelas sont bons. Faut pas avoir peur des escaliers hyper-raides et pas très ragoutants. Par contre faut faire la conversation et ça tombe bien, on adore ça.

Pas la peine de donner des adresses, on en trouve à tous les coins de rue, même dans les coins reculés de nos randonnées dans le massif de l'Escambray.



Chevrolet y Lada y Geely
Les voitures à Cuba c'est toute une histoire. Et il  s'en sert souvent, le yachtie, qui voyage souvent en taxi collectif ou pas entre la ville et la marina.

Il y a les américaines d'avant la révolution (je rappelle pour les ignares que c'était en 1959). La carrosserie est généralement déglinguée mais le moteur (souvent japonais depuis 20 ou 30 ans) tourne rond et c'est un plaisir de rouler dans une voiture qui a son âge avec un faible pour la Chevrolet Bel Air et on craque si elle est décapotable.

Il y a les soviétiques, Lada en tête, qui datent d'avant la chute du mur et de l'urss (je ne rappellerai même pas aux ignares quand c'était). Elles paraissent plus vieilles que les américaines, elles n'ont pas de ceintures de sécurité non plus, on a les genoux dans l'estomac, même les petits comme nous, mais elles roulent, les cubains sont les rois de la mécanique.

Et il y a les Geely, vous connaissez ? Probablement pas, on ne connaissait pas non plus. On ne les trouve qu'en Chine et à Cuba !!

Bien sûr, les voitures de loc et les taxis d'état sont plus sagement des voitures comme chez nous avec des fenêtres qui ferment, des ceintures de sécurité et même l'air conditionné, mais elles sont rares et nous on fréquente pas.



Despachos y Derechos
Naviguer à Cuba, ce n'est pas toujours une sinécure. De port en port on doit faire établir un despacho que les guardafronteras viennent te délivrer à bord juste avant que tu ne largues les amarres, même si c'est à trois heures du mat pour des raisons de navigation !!

Les autorités ont une peur bleue que l'on se serve de notre bateau pour fuir le pays. Du coup, on est interdit de séjour dans les ports qui n'ont pas de "marina internationale" sauf que sur la côte sud de Cuba, il n'y en a que quatre, Santiago, Trinidad, Cienfuegos et Cayo Largo. Par contre sur les cayes et autres ilots déserts on est libre d'aller et venir comme bon nous semble. Nous sur la côte on s'est fait jeter à Tunas de Zaza, Bleu Marine (un autre voilier) s'est fait jeter à Santa Cruz del Sur et Luna Azul (un autre voilier) s'est fait jeter à Nueva Gerona petite ville de la grande île de la Juventud. Pourtant les trois pilotes qu'on utilise racontent comment ils se sont arrêtes ici ou là et ce qu'il y a à faire et à voir, etc. Donc ils y sont allés, alors pourquoi pas nous. Bon finalement on ne s'est pas privés d'aller mouiller sur la côte dans des baies désertes (beaucoup plus propices à la contrebande d'ailleurs), mais on reste un peu frustrés.

La raison est peut-être dans l'élection américaine. Jusqu'à maintenant, les États-Unis appliquent la règle édictée par Kennedy ou Nixon "Wet foot dry foot". Si un cubain est pris en mer, il est renvoyé dans son pays (et là le tarif c'est un an dans les prisons de Fidel). S'il met le pied sur le sol des Etats-Unis, il obtient immédiatement un permis de séjour. Il semble que Trump veuille arrêter ce truc et donc c'est un peu la dernière chance pour un cubain en mal de partir. D'ailleurs il y a quelques mois, des garde-frontières ont hijacké un bateau à moteur dans notre marina de Trinidad pour l'obliger à aller aux Iles Cayman à 24 heures de mer. Pa de chance ils sont tombés en panne de gasoil. Tout ça pour dire que la conjoncture actuelle n'est pas terrible pour les bateaux de passage.

Ernesto y Fidel
On ne peut pas aimer Cuba si on n'a pas un petit faible pour les barbudos.
Che Guevara est mort depuis longtemps mais ses tee-shirts couvrent des millions de poitrines avec des "Hasta la vitoria siempre". Fidel est mort ces jours-ci, ses cendres ont parcouru le pays devant les cubains en bon ordre (et nous les avons accompagnés à Cienguegos) qui nous disaient  "Nous ne sommes pas communistes, mais nous sommes fidélistes".

On ne sait pas bien comment cela va tourner dans quelques années quand Raul va casser sa pipe ou passer la main.
On espère pour eux qu'ils vont garder leur âme et pas virer portoricains ou antillais.



Economie de marché gris
Une fois Fidel et Raul out, ce qui ne saurait tarder, Cuba ne tiendra pas longtemps avec son économie totalement disparate.  Quelques prix :

  • Le kilo de sucre vaut 4 centimes d'euros sur le livret d'approvisionnement
  • Une voiture de 30 ans d'âge vaut 20 000 euros
  • Le salaire d'un chirurgien pédiatrique est de 80 euros par mois
  • L'essence est aussi chère que chez nous, à plus de 1 euro.
  • La tonne (oui la tonne) de langoustes est payée 20 euros aux pêcheurs de l'état (les seuls qui ont droit de la pêcher)

Et il y a deux monnaies qui ont cours officiel, le CUP et le CUC. On pourrait croire que le touriste paye en CUC (= euro ou dollar) et le cubain en CUP (= 0,04 euros)...Mais non, le CUC et le CUP sont utilisés par tous, mais ce qui se vend en CUC est quasi inaccessible pour le cubain moyen.

Tout cela se traduit par une énorme économie parallèle, pas du marché noir parce que cela semble presque toléré, donc du marché gris, de marchandises tombées du camion, de produits vendus directement par le paysan alors qu'il appartient (le produit, pas le paysan) à l'état, etc. Nous on n'a pas tout compris mais chaque cubain sait comment s'y prendre et améliorer son ordinaire.

Frente frio
C'est le mauvais temps d'hiver sur Cuba, un cadeau des américains qui ne les bloquent pas ces fronts froids qui descendent du centre des Etats-Unis. Une onde de vent passe sur l'île, nettement plus fort sur la côte Nord, ça tombe bien on n'y est pas.
On en aura eu quelques-uns de ces fronts froids. Le vent passe du sud au nord, fort mais quand même pas comme chez nous. La température baisse mais quand même pas comme chez nous. Il pleut peu, pas comme chez nous.

Donc on a compris ce n'est pas pire. A notre dernier mouillage, à Cayo Campos, justement on a attendu que le front froid passe pour se glisser juste derrière et profiter de l'aubaine d'un vent qui nous pousse vers les îles Cayman. Les mouillages restent plutôt peu agités mais pas question d'aller batifoler à terre, on reste sur le bateau. Ca tombe bien, on nous y a donné une trentaine de langoustes et c'est un sacré boulot de les mettre en conserve. Et ça tombe bien, on avait un abécédaire à rédiger.

Guagua
C'est le nom local des transports publics. On trouve des guaguas qui sont de vieilles américaines, du style station wagon,  dans laquelle on peut s'entasser à 12.

On trouve des guaguas qui sont des camions dont la benne a été vaguement aménagée avec dix places assises et trente debout et une petite fenêtre que je n'atteins pas.

On trouve des guaguas qui sont des voitures à cheval pour les petits trajets en ville (d'ailleurs, pour ceux qui viendront en voilier, un des trucs qui nous a été souvent demandé, ce sont des boutes style vieilles drisses ou vieilles écoutes pour faire des rênes).

On trouve des guaguas qui sont des gigantesques autobus à soufflet dans lequel on doit pouvoir rentrer à cent.

Dans tous les cas, le prix, c'est un peso, des pesos il y en a 24 dans un euro. On les aura peu utilisé ces guaguas nous, mais suffisamment pour se rendre compte qu'on s'y casse le dos.

Et les touristes "all inclusive" sont transportés eux dans des autobus rutilants et irréprochables de la compagnie d'état.



Guantanamera
Une des chansons les plus reprises au monde et elle est cubaine et ce n'est pas de la salsa. Dommage qu'on l'entende surtout sur les places des villes quand le guitariste de service essaie de tirer quelques sous du touriste de passage.
Allez, on chante :
"Guantanamera, Guajira Guantanamera, Guantanameeeera, Guarija Guantanamera".
Guantanamera, c'est un habitant de Guantanamo (bizarre, hein !) et la Guajira est une sorte de bourrée locale. Le refrain n'a pas d'âge et les couplets sont écrits et réécrits en leur temps par chaque poète cubain un tant soit peu célèbre, José Marti en tête.

Habana
La capitale, donc. On y est passé quand on est parti en France à Noël et quand on est revenu, à chaque fois quatre heures de bagnole entre La Havane et Trinidad, c'est long.

Quelques belles architectures néocoloniales,  c'est vrai mais un délabrement qui fait un peu de peine. Fidel n'a pas daigné mettre de devises dans le maintien de la Habana Vieja, la vieille ville. Seules les églises semblent tenir la route, il y en a de bien sympathiques.

Quelques beaux fortins datant des espagnols mais cela ne vaut pas vraiment le déplacement. Et comme dans toutes les grandes villes les gens sont pressés, stressés, peu disponibles. On aura compris qu'on recommande d'y rester le moins possible. Mais on a peut-être raté plein de trucs, entre autres la musique, les bobos cubains (si ça existe ?).




Internet
Internet, à Cuba, c'est une affaire d'état (comme tout, d'ailleurs). Sur le papier cela marche bien.

Tout l'internet cubain transite par un câble que Chavez a lancé depuis le Venezuela. Il y a du wifi sur toutes les places des grandes villes et dans tous les hôtels et il y a des ordinateurs connectés dans toutes les boutiques etecsa (= Francetelecom).

Pour se connecter on achète des cartes prépayées, c'est très bien organisé. Là où ça se complique, c'est pour accéder au réseau. Les après-midi, les places sont bondées de touristes, faisant comme nous leurs petites affaires, et de cubains skypant avec le tonton parti il y a vingt ans sur une barque pour les États-Unis. Donc on a beaucoup de mal (euphémisme) souvent à accéder au réseau.

Mais le pompon, c'est que beaucoup de sites ne fonctionnent pas ou pas bien. Mais ce n'est pas de la faute du système cubain. C'est un dommage collatéral de l'embargo économique américain qui dure depuis 50 ans. Certains composants américains ne répondent pas quand ils sont invoqués depuis une IP cubaine, par exemple l'app du monde sur l'iphone ne marche pas ici.

Heureusement Google est aussi l'ami des cubains et on peut chercher et trouver ce qu'on veut, pas de censure du tout.

José Marti
C'est LE héros cubain, tout à la fois Victor Hugo, Jean Jaurès et de Gaulle. Il a bien entendu sa place et son avenue dans chaque ville et Fidel est son fils spirituel. Bizarre qu'on n'en ait quasi jamais entendu parler par chez nous.

Tous les cubains connaissent en détail ses poèmes et ses faits d'armes. D'ailleurs l'histoire de Cuba est LA matière la plus importante à l'école et quasi un sésame obligatoire pour l'université. Et maintenant à force de se l'être fait raconter pleins de fois en détail par des cubains fiers de leur pays et de leur histoire, on la connait presque mieux que l'histoire de France. D'accord il n'y a que 500 ans d'histoire (Santiago de Cuba a fêté son demi-millénaire en 2015) mais quand même.
C'est aussi assez extraordinaire que des iles aussi voisines que Cuba, Puerto Rico, Haïti ou la Jamaïque aient des destins aussi différents. Et à notre avis, même si c'est loin d'être parfait, il vaut mieux être cubain.


 
Kiwix
Rien à voir avec Cuba, quoique...comme Internet y est dilettante
Kiwix, c'est une application opensource pour PC ou pour Iphone et autre Android qui permet de consulter plein de trucs offline et avant tout wikipedia.
Il faut le télécharger, wikipedia, cela coute 20 gigaoctets pour la version complète avec ses images et ses 1,8 millions d'articles. Donc prévoir quelques heures sur une fibre digne de ce nom.
Mais quel plaisir pour les geeks que nous sommes de pouvoir vérifier dans un mouillage perdu des Jardins de la Reine, la population des Gambiers en 2002 ou l'histoire de Kankan Moussa, l'homme le plus riche de tous les temps, que nous a raconté Patrick de Pamajolath.

Et pour l'iPhone 20 gigaoctets c'est trop, alors on peut télécharger la version sans images, à 2 gigaoctets (et toujours 1,8 millions d'articles) ce qui laisse un peu de place pour la musique et les photos.

Et si on veut avoir la version à jour à jour, on recommence le téléchargement tous les mois.

Tout ceci se fait à http://kiwix.org

Luchador
La lucha continua bien sûr. Mais "Luchar", faire la "lucha", être un "luchador", en cubain c'est aussi actionner tous les leviers de la démerde, pour trouver les produits alimentaires ou vestimentaires introuvables, pour réparer les moteurs irréparables, pour trouver les bonnes combines et trouver l'argent surtout là où on le trouve le plus facilement, chez les touristes.

Il doit bien y avoir quelques luchadors d'état et ce serait bien le diable que la corruption ait épargné complètement Cuba, on a même entendu des mauvaises langues dire que telle ou telle entreprise n'était pas la propriété de l'état mais de la famille Castro. On espère que cela reste marginal.

Le bon "Luchador", c'est Delvis qui prend sa voiture après sa journée de médecin à l'hôpital pour aller faire quelques courses en taxi, c'est Renzo qui nous invite chez lui comme dans un restaurant improvisé, Ce sont les pêcheurs qui bravent le vent du nord pour nous rapporter quelques seaux de langoustes, c'est Chicho de la marina de Trinidad toujours là pour faire laver le linge,  trouver du gaz, de l'huile moteur, introuvable dans le circuit officiel.

Il y a aussi quelques luchadors ou luchadoras moins sympas, on les appelle plutôt jineteros ou jineteras. Les premiers essayent de te fourguer n'importe quoi et arrivent à embobiner le touriste lambda. Pour preuve les jérémiades auxquelles on a eu droit de nos voisins de queue à l'aéroport qui rentrent de vacances avec un souvenir mitigé. Jinetero, cela veut dire rabatteur, on aura compris que les jineteras ne cherchent pas à te trouver un taxi à prix d'or ou des cigares frelatés, mais te proposent bien d'autres choses, l'objectif étant le mariage bien sûr.

Mojito
C'est donc, paraît-il un cocktail typiquement cubain. On y trouve du rhum, du citron, de la menthe et de l'eau pétillante. On n'a pas été convaincu. Avec du rhum et du citron, on peut aussi  faire du daiquiri (c'est un peu mieux), du tiponche (c'est encore mieux). Mais rien n'arrive à la cheville de la caïpirinha brésilienne.

Le secret de la caïpirinha, c'est que le citron coupé en morceaux et mélangé au sucre, on le broie avec un pilon et que le zest lui donne un gout inimitable. Pas la peine de prendre du rhum vieux, le mieux c'est le rhum blanc à quelques pesos le litre, aussi bien que la cachaça brésilienne. Mais attention, on ne peut en boire que deux. La troisième ne pardonne pas et on risque le bain en retournant sur son bateau.

Navegacion
Quelques pistes pour une navigation cool à Cuba.

Piste no 1 : Avoir un Ovni ! Quelle sérénité de passer par des passes où l'on te dit, "Attention il y a très peu d'eau, patates à 1,60m" et nous, une fois le gouvernail relevé, avec notre mètre à tout casser, on est zen (enfin, presque)

Piste no 2 : Avoir les bons guides ! Dans notre jargon, le "Cheryl"(Cruising guide to Cuba par Chery Barr), le "pdf" (Cuba - FreeCruisingGuide 2013 par Amaia Agirre and Frank Virgintino), "l'Imray" (Cuba, a cruising guide - par Nigel Calder). On recommande les deux récents volumes du "Cruising Guide to CUBA" de Cheryl Barr (http://www.HanseNautic.de) sauf que pour nous le second volume (l'est de Cuba) n'était pas encore disponible, ce sera pour le printemps 2017. Il y aura peut-être d'ailleurs dedans une jolie photo d'Orionde dans le lagon de Chivirico.

Piste no 3 : Avoir les bonnes cartes ! Les CM93 de OpenCpn sont inutilisables ou presque. Le navionics sont correctes. Les mieux sont les cartes cubaines. Aux Açores, on avait acheté à H. et à prix d'or le jeu de cartes papier des Jardins de la Reine mais on a du mal à se remettre au papier. Alors on peut télécharger gratos les cartes cubaines au format KAP, donc OK pour OpenCpn et les traces d'Orionde.

https://www.dropbox.com/sh/oj25jxiawxezoce/AAC4XpyfnfDNXZ4oh2BqABFDa?dl=0 est un répertoire partagé par Orionde, on y trouvera, entre autres : 

TracesCuba.gpx
CartesKAP-CubaCubaines.zip

Piste no 4 : Avoir les bonnes infos ! En ce moment, hiver 2016-2017, il n'est pas recommandé d'aller mouiller devant les villes qui n'ont pas de marina, on peut se faire menacer de prison si on ne déguerpit pas assez vite. Voir " Despachos y Derechos". Donc les cayes, les marinas et les baies désertes uniquement en attendant que cela se réchauffe... ou pas.




Orionde
Comment va-t-il ce bateau après 20 mois et 12000 milles ? Pas si mal. La peinture du pont s'écaille un peu plus, l'absence de peinture de la coque noircit un peu plus, mais l'essentiel (dans l'ordre) : les voiles, le moteur, l'électronique, l'électricité sont en ordre de marche.

Bien sûr nous eûmes et nous avons des emmerdes. Sur les bateaux les deux sources d'emmerdes les plus fréquentes sont les faux-contacts et les fuites.  Et nous, en ce moment :
On a une fuite sur la trappe de visite du réservoir d'eau douce, qui inonde un peu la cabine avant quand on remplit trop le dit réservoir.
On a une fuite sur le vase d'expansion du circuit d'eau douce, la pompe se met en route toute seule, on a déjà essayé dix fois de la réparer
On a une fuite sur le moteur, c'est plus embêtant, cette demi tasse d'eau qui revient après quelques heures. On a gouté, beuark, elle est dégueulasse mais douce....
On a un faux contact sur le feu de mat et on n'est pas trop à l'aise pour travailler là-haut. Alors on titille, et ça repart pour quelque temps
On a un faux contact sur les haut-parleurs qui grésillent et cela gâche un peu le cinéma vespéral. On a vu "Demain" sur grand écran (presque mais qd même 90cm), merci Sarah.
On a des tas de faux contacts sur le circuit de l'hydrogénérateur, qui se déplacent au gré des réparations et des corrosions. Du coup on charge souvent mal.



Papaia, Platano, Piña
C'est la trilogie des fruits d'hiver à Cuba.
Les papayes sont extra, douces, délicates, fermes, juteuses, colorées, savoureuses, dit l'une qui adore, les autres ne se prononcent pas.

Les bananes sont bien tropicales, mais quand même un peu moins bien que les bananes pomme de la Guadeloupe.

Les ananas sont bien moyens, probablement parce qu'ils sont cueillis beaucoup trop tôt. Les deux qui sont actuellement sur le bateau, que l'on a acheté il y a une semaine, ne semblent pas bien mûrs du tout. Et de toutes façons, de par le monde, pas un ananas n'arrive à la cheville des ananas des Açores (allez voir ailleurs sur ce blog ce qu'on en pense).

Sinon, rien (d'autre comme fruit).


Panoramiques
Quelle belle fonction de nos beaux iphones




Quais ouest
C'est pour avoir quelque chose qui commence par 'Q', "Quai ouest" ou "Key west", les cayes de l'ouest, quoi ! Les Canarreos, que l'on a visitées après Trinidad.

Cayo Largo, Cayo Rosario, Cayo Cantiles, Cayo Avalos, Cayo Campos, dans cet ordre, toutes aussi jolies les unes que les autres. Et plus on va vers l'ouest et plus l'eau est turquoise et plus les gens (pêcheurs et gardiens) sont gentils et plus les langoustes sont grosses.

Avantage sur les Jardins de la Reine, on peut se balader ce n'est pas que de la mangrove, on trouve des filaos, des palmiers nains, du sable, des cailloux même, c'est dire.

Cayo largo, c'est l'ile à touristes, marina avec wifi, et cerise sur le gâteau on le capte depuis le bateau. Deux ou trois bateaux, des touristes et des magasins de souvenirs de partout, mais cà reste tranquille.
Cayo Cantiles et Cayo Campos qui sont "gardées". Sur chacune une équipe de trois personnes se relaient, un mois sur l'ile un mois à la maison. Enfin, un mois quand tout va bien. Là cela faisait 37 jours qu'ils attendaient la relève et cela commençait à déprimer dur. Mais elle est arrivée juste quand on partait.
Les gardiens s'occupent vaguement d'une centaine de singes importés d'Asie il y a bien longtemps pour les étudier. Ils s'occupent de nettoyer quelques "trochas", des sentiers ouverts dans le maquis on ne sait pas bien à quel usage. Cela donne des grandes tranchées de 1m50 de large et rectilignes sur un ou deux kilomètres, sentiers qui nous permettent d'accéder plus facilement aux lagunes au milieu des iles dans lesquelles on peut apercevoir des hérons (oui), des flamands roses (non), des traces de crocodiles voire des crocodiles (non)




Romeo y Julieta
Tout le monde sait bien entendu qu'il s'agit d'une marque de cigares cubains très appréciée. Ici on dit un "puro" ou un "tabaco", un "cigarro" c'est la cigarette.
Les puros, si on veut être sûr de l'authenticité, on les achète à l'aéroport mais à 10 euros le Romeo et Juliette ou le Partagas, c'est chérot presque comme en France. On peut les acheter dans la rue avec un certificat bien sûr, mais avec une bonne imprimante et photoshop tout est possible. Et souvent la feuille extérieure est en tabac, mais l'intérieur est en bananier. Mais au fait y a-t-il encore des gens qui fument le cigare par chez nous ?



Soudain, presque seuls
Allusion, pour les rares à qui on ne l'a pas fait lire, à l'excellent roman d'Isabelle Autissier.

Rien à voir avec les petites Antilles, les voiliers de passage sont rares. Ceux qu'on a vus se comptent sur les doigts de la main : Bleu Marine, Amelia, Pamajolath, Orion, Luna Azul et un ou deux autres.

On ne compte pas les deux douzaines de catamarans qui se louent avec ou sans chauffeur à partir de Cienfuegos et on ne compte pas les catamarans de Trinidad qui emmènent quotidiennement leur cargaison de 150 touristes sur la première caye.

Donc il n'y a pas foule, on est un peu hors-saison et un peu hors-sentiers ce qui n'est pas pour déplaire à certains d'entre nous.  Il parait qu'il y a 200 bateaux par an à Santiago, on a presque des doutes.

Du coup on manquait un peu de copains pour s'extasier ensemble devant le turquoise de l'eau, le jaune des étoiles, le rose des langoustes, le vert des palmiers et ... le rouge du pinard.


Téléphone
Portable, bien entendu et smartphone de préférence. C'est la folie, la moitié des cubains en ont un, l'autre moitié en rêve. Et pourtant cela leur coute un bras.
On en avait ramené quelques-uns de France et on a pu faire des heureux. Que ceux qui lisent cela et pensent venir à Cuba s'en souviennent.

Ceci dit quand on les voit brandir un LG ou un Samsung à plusieurs centaines d'euros chez nous, on se dit qu'ils ont un oncle ou un cousin à Miami. Mais pas forcément, il faut savoir que ce sont la plupart du temps des copies (je ne savais pas que les chinois copiaient les smartphones comme les teeshirts), copies médiocres qui ont une vie éphémère. Un quart des smartphones a l'écran cassé, un quart n'a pas le gps fonctionnel, un quart ne charge plus la batterie qu'il faut charger à l'extérieur, mais tous permettent de faire des photos et de passer un coup de téléphone.

Uvwxy
Rien trouvé, dsl

Zaza
Zaza, c'est une rivière qui traverse Cuba et qui donne son nom à tout ce qu'il y a autour d'elle et même ce qu'il y a à des kilomètres de l'embouchure.

Nos plus belles cayes dans l'archipel des Jardins de la Reine ce sont d'ailleurs "Cayo Blanco de Zaza" et "Zaza de fuera" (pas la peine de traduire, hein !).

Et avec Zaza se termine notre abécédaire cubain. Bon baisers de Providencia !!

Cuba, de Santiago à Cienfuegos

Les photos de Cuba sont là
https://goo.gl/photos/bJicEaE1eFHjNdBL6

La meilleure, c'est Aude et Christine à Cayo Blanco de Casilda qui charge de la bière tombée du cata. Aude s'est inscrite pour le retour en Europe par le Cap Horn ... en 2019



Arrivés à Santiago le samedi 5 Novembre 2016
Les autorités et formalités administratives: ça marche même durant le WE. En arrivant à Santiago, on a eu la visite à bord du médecin, de la douane avec leur chien renifleur, et de la phyto-sanitariste. Ils ne fouillent pas le bateau, mais demandent à voir l'état de la nourriture que l'on a à bord (par état s'entend le degré de maturation/pourriture pour les aliments frais, les dates de péremption pour les aliments en conserve) et ils se permettent quelques remarques, pas toujours discrètes, sur la propreté à tenir dans un bateau. Ca va Orionde était globalement "propre". L'officier d'immigration joue le rôle aussi de déclaration aux services vétérinaires et phyto-sanitaires (on fait avec lui une liste quantitative et qualitative détaillée des aliments frais à bord). Cet officier s'appelait Arturo à Santiago, c'était un des plus gentils et il n'a rien demandé lui, il nous a juste expliqué comment aller à la ville de Santiago par la navette maritime pour le prix le plus bas. A Trinidad comme à Cabo Cruz on a juste fait signer notre arrivée et notre départ sur notre despacho au guarde-frontière.





Renouvellement du visa

Ca ne se fait pas partout, mais dans les villes principales de chaque région, dans un bureau qui s'appelle "Officina de tramites" et qui s'occupe de toutes les formalités administratives pour les cubains, donc il y a beaucoup de monde. Mais comme étrangers venant pour le renouvellement du visa, il y en a très peu finalement, on ne fait pas la queue. On a en fait déjà fait la queue à la banque pour obtenir un timbre fiscal de 25 CUC par personne qu'il faut amener à ce bureau. Il faut aussi avoir avec soi l'attestation d'assurance médicale. Et finalement on peut faire ce renouvellement le jour même de la date d'expiration de son premier visa, ou quelques jours avant peu importe, ils sont réglo et donnent 30 jours pour le premier visa, plus 30 jours pour le renouvellement, soit 60 jours en tout quelle que soit la date à laquelle on a effectué le renouvellement.

Les regalitos

La plupart (mais pas tous) des cubains que nous rencontrons nous sollicitent pour des petits cadeaux, car ils ont besoin/envie de ce qu'ils n'ont pas ou ne peuvent obtenir que difficilement. Besoin de l'essentiel ? Envie du superflu que l'on n'a pas ? Culture latino-américaine de l'échange de service ? Chacun y voit ce qui lui plait ou ce qui le dérange le moins. Et nous nous allons apprendre petit à petit à faire des regalitos adaptés, intelligents et aussi pas à tous ceux qui demandent bien sûr. Pour notre première escale de Santiago nous essaierons de rester "modestes" dans nos regalitos, sachant qu'il nous faut garder des regalitos pour les cubains que nous allons rencontrer durant les trois prochains mois. Les choses demandées sont très souvent des savonnettes alors qu'on en trouve sans difficulté dans les magasins, et même chose pour les téléphones portables. Est-ce une question de qualité du produit acheté plus que du prix que ça coûte ? Est-ce une habitude restante de la période "espéciale" durant laquelle il n'y avait vraiment pas grand chose sur le marché, contrairement à aujourd'hui ?
Exemples de regalitos: -  5 dollars (ou 1 ou 2); - 2 savonnettes; 1 kg de sucre; 1/3 litre d'huile; 1 tube de crème nivea; 1 boite de saumon en boite; 1 T-shirt et 1 short femme; 1 boite de crayons/feutres de couleur


Santiago de Cuba
C'est une grande ville de 450000 habitants, intéressante et riche en culture traditionnelle. Là nous révisons nos connaissances en histoire de Cuba : guerres d'indépendance, passage de la colonisation espagnole à la néocolonisation américaine, dictature de Batista, dates et lieux des combats et discours de la révolution par Fidel, ..... Ces dates sont affichées sur tous les calendriers des écoles.  Nous rencontrons des cubains qui savent bien parler le français (appris en 3 ans à l'alliance française), et qui nous emmènent dans ce qu'ils appellent des coopératives pour y acheter des cigares et du rhum. Dans les supermarchés il y a de la nourriture à des prix rappelant ceux de la France, mais pas une très grande diversité d'aliments. Au marché il y a pas mal de légumes, moins de fruits, et pas mal d'herbes, et ce n'est pas trop cher. Les places (Cespedes, Dolores, Marte) sont agréables avec un peu d'ombre, mais elles sont bruyantes en raison de la circulation des motos. Nous rencontrons quelques groupes de musiciens, et nous visitons le musée Velasquez, la maison du premier gouverneur de l'île de Cuba au 16 ème siècle. Il y a beaucoup de casa particulares, reconnaissables à leur sigle distinctif, et souvent avec des terrasses en dernier étage qui semblent bien agréables car garnies de plantes et fleurs variées. La ville n'est pas sale à ce que l'on observe de la grande rue piétonne de Santiago, qui possède même des jolies décorations au sol, en l'honneur du 500 ème anniversaire de la ville en 2015. Il y a très peu de grands immeubles, mais on n'a pas dû aller dans le quartier des hôtels à touristes.



La vie à Cuba et/ou la vie des Cubains

A Cuba le salaire moyen mensuel oscille entre 15 CUC et 30 CUC par mois selon le niveau technique et de responsabilité de la personne. Dans les supermarchés on trouve beaucoup de choses à acheter, même du savon et des crèmes pour le corps, mais à des prix assez exhorbitants pour un cubain. Petit à petit on comprend un peu mieux comment ça fonctionne, ce qui est bien, et ce dont les gens souffrent. Seuls les médecins ont accès à Internet sans limitation. Le cubain "lamda" a accès à ses emails grâce à son tel portable mais il n'a pas accès au web. Il peut recevoir des emails de l'étranger. Il y a du travail pour tout le monde ici, mais certains travaux sont très mal payés, et donc tout le monde ne veut pas travailler. Le paysan qui produit du café préfère vendre son café à des particuliers (marché gris) qu'à l'état, du moins une partie de sa récolte. Il vend la livre à 1 CUC alors qu'elle coûte 6 CUC dans les magasins pour touristes  et 1 peso cubain (=1/25 CUC) dans le magasin d'état (mais il est mélangé avec des pois cassés à 50 %). Dans ces magasins d'état, c'est le carnet d'approvisionnement qui permet d'avoir de la nourriture pas cher du tout (1 peso cubain pour une livre de sucre), mais en quantité très limitée. Comme cela ne lui suffit pas pour nourrir sa famille, il essaye de se débrouiller, soit grâce à un deuxième boulot, soit par du troc avec les touristes, de façon à pouvoir acheter dans les supermarchés chers ce qui lui manque. Depuis Raoul la vie change un peu, notamment le fait que les cubains aujourd'hui ont le droit de parler aux étrangers, ce qui nous permet de connaître un peu mieux leur vie, par contre ils n'ont toujours pas le droit de monter à bord de nos bateaux. Auparavant l'échange oral entre un cubain et un étranger était sanctionnable à raison de 3 avertissements puis passible de prison (pour le cubain, pas le touriste !!). Maintenant un cubain peut décider de partir vivre à l'étranger, mais il lui faut beaucoup de patience, de l'argent suffisamment pour "régler" son départ avec notamment un risque de se voir finalement refuser le visa par le pays qu'il a choisi comme destination (argent perdu alors) et de l'argent d'avance aussi pour vivre les quelques premiers mois à l'étranger. Finalement très peu partent. A Trinidad au mois d'Octobre 2016 quelqu'un de la sécurité de la marina s'est enfui pour les îles Caïman à bord d'un petit bateau de la marina; malheureusement pour lui il a été récupéré par les garde-frontières des îles Caïman et fini en prison ....
Globalement ils ont beaucoup d'empathie, ils aiment bien parler de leur pays, ne sont pas forcément très curieux, mais ils sont gais et dynamiques.




Les pêcheurs cubains 

On les a vus surtout aux jardins de la reine. Ils viennent nous échanger des langoustes contre ce que l'on a, c'est à dire boisson fraîche, cigarette, ... et on peut prendre autant de langoustes qu'on veut. Ils les attrapent avec un bâton muni d'un crochet, en plongeant en apnée, et pas très profond disent-ils. Ils plongent avec leurs habits, ils ont des palmes mais pas toujours un masque. Une fois sorties de l'eau les langoustes sont étêtées, même sort pour toutes leurs pattes, et seule la queue est mise dans la grosse caisse frigorifique qui occupe la moitié de la place sur leur petit bateau de pêche. Ils viennent pêcher dans les jardins de la reine durant quelques jours (le trajet est long depuis leur ville), et dorment sur la plage. Certains semblent plus spécialisés dans la pêche de poissons que dans la pêche aux langoustes. A Cayo Blanco de Zaza, on invite à bord W, X, Y et Z pour un café/whisky à 10 heures du matin, ils visitent le bateau et semblent très contents de cet échange avec nous. Ce sont des pêcheurs particuliers (privés), donc ils payent une licence par an pour avoir le droit de pêcher (1500 pesos cubains) et doivent avoir leur permis de navigation. Ils payent eux mêmes leur gas-oil, et peuvent revendre le fruit de leur pêche soit à l'état soit à des particuliers (cubains ou touristes). Mais ils n'ont pas le droit de construire le bateau qu'ils veulent, dommage.... Leurs femmes sont institutrices et gagnent 20 CUC par mois.


Les jardins de la reine

C'est une seconde édition pour Orionde puisque Richard et Sylvie y avaient passé un moment sur D'unB. Il faudra qu'on se renseigne pour savoir qui était la reine: Anna Maria ? une reine espagnole ? de quelle époque ? Il s'agit d'un archipel comportant plusieurs milliers d'îles, de la plus minuscule à certaines de taille "relativement" importante comme Cayo Grenade ou Cayo Algodao qui font jusque 10-15 km de long. Mangrove surtout, donc moustiques (mais pas trop en raison du fort vent), un peu de plage avec des abords pas toujours faciles, quand c'est de la vase notamment. On est surpris par la quantité d'herbe à tortue qu'il y a dans ces fonds marins, infestés aussi d'une très grande quantité de méduses type "chou-fleur", ce qui ne donne pas du tout envie de mettre le pied dans l'eau quand c'est nécessaire ..... Pas tant que ça de poissons quand on fait du snorkeling, ni quand on rejette des restes de poisson ou de pain à la mer (personne ne se précipite), et malheureusement l'eau n'est pas toujours très claire.... au moins dans la moitié sud et intérieure des jardins de la reine quand on y était. Plus on montera vers le nord et plus on sera vers l'extérieur, et plus l'eau deviendra claire, donc le snorkeling agréable malgré une température plus fraîche de l'eau (on ira jusqu'à sortir les combi shorty). Avec des fonds de coraux extrêmement jolis, en particulier à Machos de Fuera et à Cayo Blanco de Casilda, on y verra aussi des langoustes, beaucoup de petits poissons variés, quelques poissons anges et des poissons lion.



Depuis Cap Cruz on se sera arrêtés à : Cayo La vela dans le canal de cuatro reales (contact avec 2 bateaux de pêche), à Cayo Grenada (un bateau de pêche un peu plus gros vient mouiller près de nous), à Cayo Algodon Grande (très jolie plage au nord de l'île accessible en dinghy), à Cayo Cuervo (toute petite plage et tout petit canal), à Cayo Zaza de Fuera (deux autres voiliers dont Bleu Marine et un cata de loc), à Ensenada de Guayacanes (après s'être fait mettre dehors du petit village de pêcheur de Tunas de zaza), à Cayo Machos de Fuera (petite île mignonne, on y achètera des langoustes à ramon de l'hôtel sur la plage) et dernier stop à Cayo Blanco de Casilda (sur la côte sud, très beau snorkeling). Donc très peu d'autres voiliers durant les 10 jours où on s'y sera promenés, Amelia (avec François et Doris) ne nous rattrapera que à la marina de Trinidad, dommage.

Trinidad 

Petite ville de 50 000 habitants, très touristique, il y a au moins trois grands hôtels avec grande capacité sur la belle plage d'Ancon à proximité de la ville. Trinidad a beaucoup de charmes avec sa vieille ville aux rues pavées de bric et de broc, un peu sales, mais pleines de vie à la fois locale et internationale. Les toits des maisons du centre ville sont tous en tuile provençale (fabrique de tuiles dans la vallée d'à côté), certaines assez vieilles, avec une palette de couleurs et de formes différentes à ces toits, mais toujours dans les tons oranges, roses ou marrons conférant une harmonie d'ensemble très réussie. Des bici (bicyclettes tri-roues) pour transporter les locaux et les touristes d'un bout à l'autre de la ville, tandis que dans les alentours, entre la ville de Trinidad et la marina par exemple, ce sont les carrioles à cheval qui prédominent après les voitures. Les maisons sont jolies, souvent peintes avec des couleurs variées genre pastel ou coloris plus soutenu (bleu roi, orange, jaune vif), elles ont de très belles porte en bois, et quelques-unes ont de très jolies décorations peintes à la main sur leurs murs. On devine aussi des terrasses sympathiques soit privées soit appartenant à des casas particulares.
Restaurant d'état marchant remarquablement : la Botija





La mort de Fidel Castro 

Elle est survenue le vendredi 25/11 au soir, au moment où Pascale s'envolait pour Paris. On l'a appris par un email de Sarah et Marine qui suivent bien l'actualité. On entend dire qu'un cubain aurait été "tabassé" (par la police ?) pour avoir montré un peu trop de gaieté à l'annonce de ce décès. On est un peu surpris du manque d'expression "visible" par nous le premier jour sur le visage des cubains que nous croisons dans la rue. Il semble que le deuil national signifie qu'il ne faut pas boire d'alcool durant ces neuf jours de deuil, les spectacles culturels et musicaux ont été annulés. Par contre tout le reste semble fonctionner: magasins, marché, administration, etc.... Pendant qu'on était à Cienfuegos, la caravane transportant les cendres de Fidel est passée, permettant aux cubains de rendre un dernier hommage à leur commandant en chef. Quasi tous les habitants de Cienfuegos étaient là, en famille avec les enfants. Et ils avaient attendu au moins 5 heures debout dans la ville, de 16heures à 21 heures, que cette caravane passe, le tout dans une ambiance plutôt bon enfant, pas de musique donc, pas de boisson alcoolisée. On passe le temps avec des crakers et des boissons sucrées, tout en papotant avec ses voisins. La caravane passe, tout le monde est au "garde à vous" et semble un peu ému (instant historique il faut le dire), mais ça dure seulement deux minutes. Très vite tout le monde rentre chez soi. On sent les cubains très ambivalents vis à vis de Fidel, ils sont admiratifs et fiers de cet homme, et sont capables d'énumérer toutes les bonnes choses qu'il a apporté à la vie quotidienne d'un cubain. Et en même temps dans le quotidien ils pestent contre les contraintes que cela implique, les queues dans les banques, les restrictions internet, les salaires très bas, les contrôles de police et de taxes sur les rentrées privées d'argent (du chauffeur de taxi au loueur de chambres particulières). 


Cienfuegos 

Grande ville de 170 000 habitants, ville touristique et industrielle en même temps située dans une baie magnifique. Cette baie est suffisamment grande pour que l'industrie n'entraîne pas de pollution, et il y a de la circulation mais de très belles et grandes avenues, donc beaucoup moins de bruit et de gêne créés par les voitures, motocyclettes et bus qu'à Santiago. Ici aussi beaucoup de "bici", à pédale, à cheval ou à moto, pour les touristes et pour les cubains, car la ville est assez étendue. Et les cubains ne marchent pas beaucoup il nous semble. Une belle place José Marti avec la cathédrale juste à côté, une grande rue piétonne  bordée de magasins divers et variés, une place du marché un peu plus loin dans un quartier nettement plus pauvre mais avec un marché très bien achalandé. Et puis le quartier où est située la Marina, appelé Punta Gorda, quartier riche avec de grands hôtels et des belles casas particulares. A 15 km de la ville on ira visiter le Jardin botanique créé au début du 20 ème siècle par les américains de Harvard et entretenu depuis 1960 par les cubains. beaucoup de palmiers (palmier royal de Cuba, palmier jupe, ....), beaucoup beaucoup d'espèces d'arbres différents (arbre téléscope, arbre à bois de fer, ébène, camphrier, jacaranda, tek, ...), moins de fleurs mais celle appelée boulet-canon en plus d'être belle et originale (ce sont les fruits qui en tombant imitent les balles de petit canon) sent très bon. On a eu de la chance car peu de touristes pendant qu'on y était, ce qui est rarement le cas.

A Cienfuegos on a fait la connaissance de J et K (beau-frère corse de J) qui accomodent leur vie à Cuba depuis près de 20 ans grâce à un partage moitié moitié de leur temps entre Cuba et Porto Pollo (dans la baie de Propriano en Corse). A Cuba J fait le chauffeur de taxi, en Corse il fait l'homme à tout faire. B la femme de J travaille pour un équivalent de notre DDE, elle va à moto à son travail, et elle a pu arranger facilement la construction de la maison de K et S en même temps que celle de J et d'elle. C'est S la soeur de J qui est propriétaire car K n'est pas cubain. S ne travaille pas les 6 mois où elle est à Cuba, elle travaille à la pizzeria de K à Porto Pollo pendant les 6 mois où elle est en Corse. Et pour arrondir les fins de mois, ils viennent ensemble d'achever dans leur maison une casa particulare (deux chambres) qu'ils ont appelé Corsica Hostal.

A l'usage exclusif de ceux qui iraient se balader dans les jardins de la Reine

C'est en anglais, il faut faire avec. Ce ne sont que des descriptions de chenaux et de waypoints et de mouillages.

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After 5 days, we left Santiago, clearance out was performed at 8 o'clock in the morning easily and quickly, providing us also with the navigation permit that served as clearance out or "despacho". We popped in Chivirico lagoon six hours after having motor sailed nearly all the way. Wind was stopped by the high and gorgeous mountains of the south coast.

Entrance in Chivirico was easy, the recommended track that appear on the navionics charts is exact but our opencpn' cm93 maps are completely useless and out of range.

You have to keep an eye on the sounder as there is a reef outside the bay, around 19d57,  down to a few meters which is not well charted.

We wait on board for a guarda-frontera that never came and we were a bit frustrated not to go ashore on our arrival day.  At Punta Gorda, we were told by the marina staff that stop in other places than Port of Entry is permitted but not going ashore, but this seems to be of the old days now.

We spent the next day in the village (4000 people). It is a very nice place, very clean and organized. The guaguas are no anymore buses or trucks but tractor or more often horse driven wooden chariots.
We walked up to the hotel "Los galeones" , full of elderly Canadian tourists, probably as old as the galeones (!). Access is denied to children under 16 not to disturb them!!! There is a wonderful view on the lagoon and surroundongs reefs and mangroves.
We had lunch in a cuban restaurant, we make friend with an artist, whose job was painting Figures of Raul, Fidel, El Che, Vilma and some others on the walls of Chivirico's houses.

There is even an ETECSA office in this village where you can make some internet connection.

We had a nice snorkelling session at the beach down to the hotel that you access from the hotel by a long long long staircase.

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We left Chivirico at the end of the afternoon and head to Cabo Cruz where we arrived early in the morning. The three buoys marking the entrance of the mooring place are there. The red one at the end of the reef is not completely at the right end of the reef and you may want to give it a large berth. Then you head between the green and the red buoy and make your way to the lighthouse. We anchored at 19 50.4N and 077 43.8 W, around 300 meters from the dock. You are not welcome at the dock even with the dinghy that you will tie a bit further east, there is a tiny concrete quay that one can call a dinghy dock.

The anchorage is very very sheltered even when the wind is blowing outside (lots of white horses seen when we walked to the Cap cruz), it was barely felt at the anchor.

The guarda frontera was quickly on board, 10 minutes after we dropped the anchor, he was there with a fisherman rowing for him. No problem with the despacho, except that he kept it until our departure from Cabo Cruz, nobody knows why.

Nothing much to do in Cabo Cruz except having lunch at El Chino, a totally private restaurant with only one table at present time! Try the congri there (rice and brown/black beans) which is, they say, a speciality of the Oriente Cuba. And the guy had of course some lobsters in the fridge. 2 cuc for a lobster's tail seem to be the local price (may be cheaper further west in the cayes....).

It is difficult to snorkel outside the reef as you have to go round it (more than one mille) or cross it (maybe 50 meters of sharpened coral and black "oursins"... (don't remember the english name for these black animals with hundreds of long painful neddles). Inside the reef, you have 2 meters no more and if the coral is nice, the fish is rather scarce.

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After a couple of nights in Cabo Cruz we departed for the Jardines de la Reina, aiming to the Canal Pingüe and before that,the Canal de los quatro Reales. 

We departed from Cabo Cruz at three o'clock in the morning backing our track to the end of the reef then head 330 to make the 40 milles up to Canal de los Cuatro Reales.

We had a very nice NE / ENE 20 knots breeze and we made it at 8 knots to our first cayes, arriving at 9:00 in the Canal de los cuatro reales, when we only expected to be there around 14:00.
We anchored at Cayo La Vela (20 28.8N and 77 57.5W) in 2.8 meters of not so clear water in front of a small beach we will visit later.

Charts are not at all accurate (both cm93 and Navionics) and you have to make your way around the submerged reefs. Funny that the Navionics charts with the Navionics App on my iPhone are slightly different than the Navionics charts with the iNavX App on the iPad, the reef line is much better drawn on the Navionics App. Probably I did not actualize them on the iPad.

In the 1999 Imray pilot, the whole lagoon is mentioned as an excellent anchorage. We did not think so, it is far too big to flatten the water. Much better to go very close (200m) to a small beach at Cayo La Vela but there is a long reef extending west that you have to round on the left before you can make it towards the beach.

Cayo La Vela is a very sheltered anchorage. Fishermen came along in the afternoon, 4 of them on two tiny 20 feet wooden boats. We had a drink together, respecting the law i.e. each one remained in his own boat. And we separated all very happy, the fishermen with cigarettes and French soap, Orionde with lots of lobster tails. They wanted to fill our bucket and we had some difficulty to make them understand that the three of us won't eat a bucket of lobster. They don't keep the heads and legs, only the tail. There were from Guayabal, 8 hours of poutpoutpout away and it was their fifth day out. They spent the nights on another cayo further east and we were wondering how it could be to sleep on these small beaches infested with billions of mosquitoes and these tiny tiny biting animals (nonos, yenyens, nosee'em, bugs, whatever are their names).
They fish lobster by diving and catching them with a hook. We saw them doing that on the reef 100 meters from Orionde but when we went there later with masks and flippers, the water was not clear and we were very unable to localize any lobster.

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Next day we followed our track back to the Cuatro Reales channel, the buoys were there, no problem. Pasa Ancha leads us to Cayo Granada, a half-moon shaped mangrove covered cay.
A very big lagoon when you passed the reefs extending from the north and south ends of the island. We anchored at 20 37.6 / 78 14.9 in 5 meters of muddy sand. There is a dangerous coral patch at 20 37.5 / 78 15.1. One can see some herbs outside the water at low tide (when we went out the next morning) and a green spot at high tide (when we entered). We went diving on it with the dinghy... lucky to find it on an oily sea. Disappointed with the not so clear water, there were lots of fish. Maybe it is the moon (full) maybe it is the season, maybe it is only bad luck but until now, the waters were not at all clear as other people had.
Under water on this patch, we saw the rests of a small metallic structure which could have been years before some sort of a tripod... which is mentioned on the imray 1999 guide.

On the boat, since we left Santiago, we were not too much bothered by theses voracious animals when others yachties were complaining very much about that. Only a few in Cayo Granada at sunset but we were exploring the laguna with the dinghy without waving hands all the time. Maybe it is due to the sunny weather, to the autumn, to the full moon... I don't know I am not a mosquito.

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Next day, we went through Canal Rancho Viejo then Canal del Pingüe. Lots of buoys but be careful. Some are out of their position, either on Navionics, or OpenCPN or the detailed Cuba paper charts (we have chart kit no 3). For exemple, the buoy no 6 at the exit of channel Rancho Viejo is at 20 42.65 / 78 17.66, 0.34 nm in the NW of the charted position. But the canal is often used, you have always 15 meters of wate and one may believe that an orphan coral patch would be well indicated, but...
In Canal del Pingüe, we passed close to the red buoy marked no 5 but could not see the charted green one 0.4 milles in the NW... In fact we saw some minutes later! 20 meters away from Orionde, nearly on the charted position there was the rest of a concrete pillar, only sticking half a meter out of the water! And it was low tide! As a friend of us used to say, "The worst is not always certain", we could have hit that one. There are many of them, these old buoys, They call them "palitos partidos".

We arrived in Cayo Algodon Grande 30 minutes before the cold front so we had a peaceful entry in the lagoon on the west of the island. The entry is wide nd easy, 5 meters all along. Water is not clear and you cannot rely on the color to guess the depth except when it turns brown... which means that event the dinghy will touch the bottom. We anchored at 21d05.93 / 78d44.04 in 5 meters of water, 200 meters south of the mangrove or the ruins of the mangove which is completely grey, first time we see that in Cuba. Then the cold front came and we spent the night with 20 knots but the anchorage remained totally calm except the usual noises in the mast and the stays.

The next morning, we made a tour with the dinghy and it was a wonderful tour. We knew that there is some sort of a channel leading to the north coast. We found it (thanks to the iPhone we took with us on the dinghy). It is even marked with a green buoy... hum, say a green plastic bottle popped on a stick but it was helpful for us within this huge laguna full of branches.

This small channel leads to a muddy end, but organized with flat stones (imported of course) which prevents you from having mud up your knees. The beach on the north coast is 200 meters away easy to walk. The sea was rough there, no way to anchor this side by this wind even if there are some poles, remains of an old dock. I wonder how many hurricanes this dock endured.

There are also the ruins of what must have been a hotel 60 or 80 years ago. Some filaos and coconut trees had been planted and had some coconuts (but too high for my small arms). I suppose at that time, they dredged the channel in the laguna for small boats go in and out this side, much calmer. The beach is splendid, large and wide, not too much plastic, hundreds of trails of iguana tails.

Only three regrets: first is that we had a long long look around but we did not see any sight of crocodiles, if I were a crocodile I would have loved this laguna eating iguanas or coconut rats (jutias is the local name I think).

Second regret is that we did not see any flamingos. Again, if I were a flamingo, I would have appreciated the shallow laguna full of little fishes and probably shrimps.

And third, no fish today, no bite on the line. This might explain that.

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Next day, 18th of November we had a small trip, 13 nm westwards to Cayo Cuervo, the sea was quite rough in this shallow waters with the Norther blowing for 24 hours already.

Again it is a very good anchorage, flat see, no rolling at all. Access is an all-weather one. We turn round the green buoy (not exactly placed as charted), leaving it a good berth but one can easily see the reef. At the entrance we had 4 meters of water, then deepening to 7. We made our way northwards, leaving some old poles on the port side, then an old wreck on the starboard side (only showing up 30 cm at high tide) and then anchoring 200 meters off the small beach. 4 meters deep, very calm water, but you still get all the wind. Our position at the anchorage is 21d04.8 / 78d55.5.

The expedition on shore was much shorter than yesterday. The beach is small and the little appealing channel you can take with the dinghy leads to a dead end. Some shy iguanas was the only sight of life. We expected to see some fishermen (we now ran out of lobsters) but the island may be too far away from the mainland or the weather may have forced them to remain closer to the shore.


We changed our plans for the following stops. We first wanted to go outside using the Boca Grande channel and stop in Cayo Cinco Balas and Cayo Breton, but this north wind will be uncomfortable to beat against. So we will go instead to Cayo Zaza de Fuera.

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So the we had a very fast journey to Zaza de Fuera, and moored at 21 27.9 N / 079 34.4 W, very easy also. Nothing to say, we did not even go on shore, no beach. Short dive on the wreck, lots of "Rabo rubio" but we already had caught a not so small bonite.

Next day was a bit strange. We decide to go to Tunas de zaza in order to meet some fishermen And when we made it, we were called by two green uniforms standing on the old dock. When we were close enough to talk they just told us to get out, to go back to the cays, they did not want us to stay overnight. Despite our attempts - there is too much wind, is is too late to go back to a safe mooring in the cays, all which was true, they just unwarmly waved us out. So we aimed for Trinidad and just after the corner, when Tunas was not any more visible, we changed course to the coast and dropped the anchor in Ensenada de Guayacanes, a bit anxious every time a small boat was passing along in case some coastguard was on-board.
Later on we met another french yacht, which had the same experience in Santa Cruz del Sur."No anchoring  less than 3 miles from the main shore" seems to be the rule in the busy small towns. Fisherman told us that three miles is also the limit that thay must not cross with their small private fishing boats.

Nest day we made it to Machos de fuera, first anchoring in the north laguna (21 35.94 N / 079 46.20 W), which is fairly deep, 10 meters at the anchor.  There is a stake at the entrance, one can go both sides of it we had 2.5 meters of water there.
It is more a day stop as the cays all around are close and as the 25 knots NNE wind we had was making too bumpy for a still night. We went on the west side, very close to the small southern island and, thanks to the ovni, anchored in 1.3 meters of water, well sheltered (21 35.74 N / 079 46.67 W).
We will hear later at Trinidad that there is also an anchorage on the east side, very sheltered, with enough space and enough depth for 3 or 4 boats. It is not indicated on any chart but well drawn on the satellite maps. We will go there next time.

We stopped the following day at Cayo Blanco for some hours on the south side of the island, again well sheltered. There is there a small mooring for the daytrip catamaran. The snorkelling was the best we had in Cuba, corals are wonderful, even if fish is rather small, too small to catch.

Marina Marlin Trinidad on the 22nd, entrance in the bay through Canal de la Mulatas, well-marked, buoys might have been changed, they are big and well charted. Entrance in the marina was for us with 1.7 meters of water but another boat with a draft of 2 meters made it also probably dredging a little bit the channel.

We were lucky enough to get the last available berth! There were three docks but one has been totally broken last august and is now lying on shore. Three or four foreign yachts no more. But the little lagoon is very very sheltered and I would even prefer to anchor if I had to leave the boat during the hurricane season.

As usual in Cuba (and many places elsewhere), not everything is working at the same time. As this time, there are no showers. But the marina staffs are very helpful and happy to talk with you. Internet is at the Ancon hotel, 5 minutes away. Trinidad is 8 cuc (10 at night) away. Our best Cuban gastronomic experiences until now, we had them at "La Botija" and "Sabor a mi", remember these names even if there are hundreds of restaurants in Trinidad and it is not too many for the thousands of tourists you see in the street despite the fact that the season is just beginning.

So it was a very nice sailing fortnight between Santiago and Trinidad and I suggest not making it shorter to have the opportunity of visiting many cays (they are all the same and all different) and navigating through these cays and channels is funny and rather easy and the NE winds should make the southeast or northwest trips a wonderful reach.

Some more details, not chronological:
- We stopped at the Marina in Cienfuegos. It was not full at all, but all berthes are reserved for the catamarans backing from Cayo Largo on Fridays. We had a berth only for two days. It is much more expensive and not as cheerful as Trinidad.
- We stopped in Guijimico. But there is much less water than expected. In fact just after the mooring of the divers' boat, we had only 1.3 and we grounded a bit. Locals say that there is no more than 1 meter in the middle and that a week before one yacht grounded hard and had to be towed out by the divers' boat. We anchored overnight in the channel, it was ok but I won't stay there if the wind starts blowing.
- We had a second trip to the nearest cays, east of Trinidad: Cayo Blanco de Casilda, Cayo Machos de Fuera and Cayo Blanco de Zaza. The first two have a restaurant on shore and catamarans visit them daily. The latest is our top spot. There is a beach (white beach with millions of shells), The island shelters from north to south, there is plenty of water very close to the shore, there were no mosquitoes (at least when we were there), there were fishermen trading their lobsters and snappers, very nice spot.

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