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Tour du Cap Horn - en Février-Mars

Toutes les photos : https://photos.app.goo.gl/CxvTKNnkmQfnWrVB7

Un p'tit tour, comme si vous y étiez 

A la voile du mieux qu'on a pu ou que la Patagonie nous a laissé faire ... Du moteur surtout les deux premiers jours dans le Beagle, et du ponton (Puerto Toro) les deux jours suivants. Ensuite après quelques hésitations on y va, "go, go, go" comme nous dit Sarah. Voile et moteur pour passer la fameuse baie de Nassau à si mauvaise réputation, ça s'approche. Et ce sera trois ris/trinquette pour passer devant ce fameux cap du bout du monde, respect oblige ! Les détails sont ci-dessous. Le lendemain, contre toute attente, nous pourrons faire prendre l'air à notre spinaker, qui n'avait pas bougé du coffre à voile depuis trois bons mois, la chance nous sourit .... Les petites brises des jours d'après dans le Beagle nous permettront de faire des photos de Orionde sous voile, activité très prisée par certains à bord. Et durant les deux derniers jours on fera quand même du bon plein/près serré pour rejoindre Ushuaïa, ça gîte pas mal avec 25 noeuds de vent, et on tirera même un bord devant le Paso Romanche.



Quelques animaux de Patagonie, en attendant les manchots empereurs

Avec un spécialiste à bord, la chance nous a souri de pouvoir observer de nombreux animaux, marins bien sûr mais pas que. Les plus nombreux furent les oiseaux, depuis l'oiseau charpentier avec sa tête remarquable toute rouge, en passant par le martin pêcheur, les gaviotes ou les sternes et le pingouin de Magellan, sans oublier les très nombreux cormorans, quelques Oystercatchers, un ibis à face noire et un manchot papou perdu dans une colonie de pingouins de Magellan. Il y avait aussi les albatros bien sûr, et les pétrels. En plus des oiseaux, nous nous sommes régalés avec le spectacle des dauphins et des otaries qui se sont montrés très joueurs et sauteurs à plusieurs occasions, notamment vers la sortie sud-est du Beagle, à tel point qu'on ne savait plus où donner de la tête (devant le bateau, derrière aussi, et regarde là à droite !). Les otaries ça grogne et ça a peur de nous, mais méfiance car certains mâles sont très gros, et il pourrait bien leur traverser l'esprit de défendre leur progéniture... Aussi un merveilleux cadeau  fut celui de voir à deux reprises (et de re-voir pour certains) le souffle de la baleine qui passe à 500 mètres d'Orionde, et s'éloigne après avoir sondé par un joli coup de queue. Enfin n'oublions pas les quelques petits poissons type rascasse pêchés par notre spécialiste qui les a rejetés illico presto à la mer, ni les nombreux petits centollons (cousins de la centolla), également rejetés à la mer, mais qui finiront un jour dans les assiettes de quelqu'un, et dont nous ne sommes toujours pas lassés de la saveur. Les castors, eh bien on n'en a vu que leur barrage et des traces de dents sur les bouts d'arbre qui restent après leur passage, ils sont très nombreux parait-il à sévir en Patagonie, et savent éviter de rencontrer leurs prédateurs éventuels grâce à leur vie nocturne.




Le jour J, sobrement vu par Jean-Paul



Le jour tant attendu, rêvé depuis notre tendre enfance, imaginé par les lectures de Gerbault, Slocum, Moitessier, Tabarly et tant d'autres, commença sans tarder par l'alarme retentissant au son de "kill bill" à 5h15 précises. A 5h30, équipés comme des conquistadors espagnols, nous fûmes obligés de constater que la nuit d'encre était peu propice aux manœuvres nécessaires à la libéración d'Orionde. Nous en profitâmes pour boire un café et récupérer nos lampes frontales. Après ce court répit, nous entamâmes les manœuvres d'appareillage qui s'achevèrent cinquante cinq minutes plus tard. Orionde retrouva ainsi sa liberté d'acción et arbora sa grand-voile hissée au troisième ris, le solent et son ancre lestée de trente kilogrammes de kelp.
Le vent sifflait bientôt dans les drisses, l'étrave d'Orionde s'ébrouait dans la plume d'une mer encore protégée par l'île Hermite, et l'approche du Horn commença dans un temps bouché comme une bouteille de jus de fruits dans un bar à marins.
Vers huit heures locales, apparut lentement dans la brume l'ile majestueuse aux contours encore imprécis. Tandis que le vent augmentait progressivement jusqu'à 30 nœuds établis, nous approchâmes des "cathédrales", rochers verticaux en forme de pain de sucre gardant le cap avec solennité. La beauté sauvage de cet endroit nous étrangla d'émocións. Orionde progressait vers l'est sans relâche dans cet océan pacifique haché qui a enseveli au cours des siècles tant de valeureux marins.
C'est à 09h10 que nous franchîmes le cap Horn, au moment où le soleil parut enfin. D'aucuns y verraient un clin d'œil divin, mais nous penchâmes plutôt pour une heureuse coïncidence. Quel bonheur de passer ce cap mythique dont si peu sont revenus.
Mais les éléments ne nous laissèrent aucun répit pour jouir en paix de notre nouveau statut de cap-hornier. Il fut temps de "tourner à gauche" pour remonter au nord vers des mers atlantiques moins cruelles, mais encore plus délicates. Négociant chaque vague, aveuglé par les embruns, le barreur fit route dans le paso Mar del Sur, entre les îles Herschel et Deceit, où le vent forcit dans les rafales, nous obligeant à réduire la voile à une peau de chagrin, au sens propre. Contenant difficilement nos larmes, évitant miraculeusement les écueils, contournant de justesse les pointes rocheuses, faisant face aux assauts de la mer glacée avec abnégación, Orionde se fraya son chemin jusqu'à l'ile Lennox dont la rade protégée et bienveillante nous offrit un havre de paix tranchant étonnamment avec les épreuves des heures précédentes, à notre grand soulagement.
Nous accomplîmes ensuite notre devoir de chaque escale: rendre visite à l'alcamar, officier de surveillance des eaux chiliennes, qui se révéla fort chaleureux et nous complimenta pour notre fabuleux exploit dont les échos ont résonné jusqu'à Valparaiso. C'est au retour de cette visite aussi courtoise qu'officielle que les quatre cap-hornier faillirent perdre la vie. Alors qu'une vague de taille pourtant raisonnable ramenait subrepticement la frêle embarcación vers la grève, un malentendu au sein de cet équipage d'habitude si soudé, menaça de submerger l'annexe quittant la plage, manquant de noyer dans l'oubli nos audacieux héros.
Le reste de la journée fut consacré à la narration de nos prouesses dont l'ampleur crût de manière conjointe à la descente de quelques bouteilles d'un vin local tout à fait honorable, aux vertus décontractantes parfaitement avérées.


Pour la prose complète de Jean-Paul, c'est ici : https://www.dropbox.com/s/ryy7yidrmuog0zr/TourDuHornJeanPaul.pdf?dl=0

Comme d'hab, les mails quotidiens
Beagle côté Est le 25/02/2020; Nous voilà repartis de Puerto Williams, cette fois-ci avec Didier et Jean-Paul qui nous ont rejoint hier. Grosse bouffe hier soir chez Pattie avec centolla à volonté. Direction l'est du Beagle et, si les dieux nous sont favorables le tour du Cap Horn, mais rien n'est moins sûr la météo semble fantasque. Bonne première journée, avec une colonie de manchots de Magellan, parsemée de quelques papous (des manchots pas des indigènes), une jolie caleta facile, "Caleta Los Tres Mares" et un bon fromage qui nous vient directement de France. Bisdorionde.

Beagle côté Est le 26/02/2020; Petite étape vers Puerto Toro, le village le plus austral du monde disent-ils. Et à Puerto Toro il y a un petit ponton où s'agglutinent d'innombrables bateaux de pêche sauf que la pêche est fermée pendant l'été et qu'on a donc le ponton pour nous. Les invités sont ravis, la matinée de nav a été riante, les otaries joueuses, les oiseaux pêcheurs, les dauphins sauteurs. Yves est un peu circonspect, les conditions ne sont pas bonnes pour le Horn ces jours-ci, faut attendre. Il y a plein de balades à faire à terre et on peut aller faire des ronds dans l'eau sans s'aventurer en dehors du Beagle. Ca devrait le faire Bisdorionde.


Beagle côté Est le 27/02/2020;Toujours à Porto Toro.On laisse passer la ou les dépressions. Matinée prise par les supputations et simulations autour de la future possible fenêtre météo de samedi pour approcher du Horn. Yves ira chercher des infos chez le voilier voisin FORTUNA. Son skipper a passé le Horn 50 fois ! Après-midi, une longue balade jusqu'à la belle baie de Los Piures. Et puis la récompense : 3 magnifiques CONDORS. Grandiose. Bisdorionde.


Beagle côté Est le 28/02/2020; Toujours à Porto Toro. Un peu de lessive, un peu de préparation du bateau, un peu de photos d'oiseaux, un peu de social, un peu d'aquarelle, bref on s'ennuie un peu et on a hâte (c'est peu de le dire) d'y être. Bisdorionde.


Beagle côté Est le 29/02/2020; Nous sommes partis à deux heures du matin (si si) de Puerto Toro, réveillés comme d'habitude par la sonnerie de Kill Bill. Un peu de stress dans le Paso Gorée de nuit, il est parait-il envahi par le kelp mais on n'a rien accroché. Un peu de stress dans la Baie Nassau réputée mauvaise mais le vent était comme prévu modéré et dans le bon sens. Nous voilà dans les Iles Wollaston dont l'ile Horn est celle du bas. Un peu de stress pour y rentrer par le Paso Bravo (on rappelle qu'en espagnol Bravo veut dire féroce) célèbre pour ses williwaws mais là il n'y avait que la beauté du paysage qui était sauvage. Un peu de stress pour s'amarrer dans le Puerto Maxwell, archi-plein de kelp mais c'est bon, le vent ne s'était pas encore levé. Deux bouts à l'arrière et un bout à l'avant sur un ilot pour soulager l'ancre. Mais là le bout fait 250 mètres et on a du faire quelques noeuds. Ce soir veillée d'armes. Bisdorionde.


Beagle côté Est le 01/03/2020; C'est un jour pas comme les autres, alors on écrit ce mail à huit mains. Jean-Paul : Lever 5h15 pour un appareillage au lever du jour. Nous quittons notre mouillage sauvage de Puerto Maxwell sous grand-voile à trois ris et solent dans la bruine de ce premier mars. Bien vite apparait l'île majestueuse du Horn qui constitue l'un des trois cap majeurs des tours du monde. Le vent fraichit pour s'établir autour de trente nœuds, conforme aux prévisions. Nous empannons au sud du cap Horn pour entamer notre retour, lorsque le soleil apparait très opportunément pour immortaliser nos émotions respectives. Nous admirons la beauté de ce bout du monde qui a nourri nos rêves d'enfant, avant de poursuivre l'étape de soixante milles qui nous conduit ce soir à l'ile de Lennox. Christine et Yves : voilà, cela fait quelques années qu'on en parlait, c'est fait. Et on a eu un magnifique Cap Horn, avec un vrai vent d'ouest entre vingt et trente-cinq noeuds, de quoi serrer un peu les estomacs dès la sortie de Maxwell par la toute petite porte du Paso Sur. La trinquette a vite remplacé le Solent pour être manoeuvrant dans les cailloux qui pavent les alentours de l'ile Hornos. Puis on a déboulé à 6-7-8 noeuds les 15 milles qui séparent Maxwell du Cap. De la mouscaille et de la pluie mais aussi quelques éclaircies. Quelques photos pour immortaliser la chose, un petit coucou vhf à l'alcamar qui s'enquiert de notre identité et de nos besoins, tout va bien merci. Et voilà, Cap au nord, un peu, voire bien musclé les 30 premiers milles au travers-bon plein, on a vu le 4 sur l'anémomètre dans le Paso Mar del Sur. Puis les derniers 20 milles sous le soleil. Ce soir on dort au mouillage de Lennox. Les prévisions pour les prochains jours sont plutôt anticycloniques ça va nous changer. Didier : Hé bé en voilà une journée de voile et d'émotions !! De voile avec un passage du Horn sous GV à bas ris et trinquette dans une mer formée et une houle de 3 à 4m (55° 59'59 lat. sud !!) . Et puis remontée au nord vers l'ile Lennox, très ventée au début puis paisible dans la seconde moitié de la Baie Nassau. D'émotions il y aura dans l'ordre l'appréhension (un peu), le plaisir (beaucoup), la fierté (de l'avoir fait), et la joie d'avoir partagé cela avec Christine, Yves et Jean Paul. Merci à eux.


Beagle côté Est le 02/03/2020; On a repris notre train train le long du Beagle, de Lennox à Picton, caleta Banner. On a eu une journée rare de vent à 10 noeuds au portant et sur les instances de Jean-Paul le régatier, on a sorti le spi sous le soleil féroce de ce grand sud et on est tous rouges centollas ce soir. On fait comme d'hab copain copain avec les alcamar, ces gardiens des postes isolés qui parsèment le Beagle et qui ont été le lieu de tensions fortes entre argentins et chiliens. Ils s'ennuient et sont ravis de faire la conversation. Donc demain matin, petit déjeuner à terre. Bisdorionde.


Beagle côté Est le 03/03/2020; Encore une belle journée dans le Beagle. Après un petit-déjeuner bien copieux, et une balade jusqu'au premier barrage de castors, on repart vers l'Ouest. On  retrouve dans le Beagle les otaries joueuses et une foultitude d'oiseaux, séance photo oblige. Nous voilà mouillés dans la Caleta Margarita, avec un projet de viande au barbecue sur la plage, qui semble se concrétiser sérieusement. Aie, aie, aie !  Bisdorionde.


Beagle côté Est le 04/03/2020; Voilà, ceci est le dernier mail quotidien pour les mois à venir. De retour à Puerto Williams, quelle belle croisière et quelle belle photo !  Bisdorionde.

Tour de l'île Gordon - Février 2020

15 jours autour de l'ile Gordon avec Yves et Marie-Noëlle les copains et néanmoins copropriétaires d'Optimist.

Les photos en grand : https://photos.app.goo.gl/HAYE1GyXM9dYm5U28

Le mot de digestion de Marie-Noëlle

Olla ! Lynch, Coloane, ... des caletas mais aussi des glaciers, celui de Coloane en "S" et celui de Garibaldi sont les plus imposants. Le Beagle sera dans nos mémoires la nav la plus époustouflante. La Tierra del Fuego, ses montagnes, poudrées de neige fraiche certains matins, ravissaient l'oeil et glaçaient les ripatons.
Il faut dire qu'il était tôt 7h-7h30 en général, dur dur pour les Beauregard. La vie à bord s'est déroulée au rythme bien réglé des manoeuvres d'amarrage qui, il faut le dire, dans le Beagle se fait avec quatre boutes en plus de l'ancre. Les caletas sont des abris magnifiquement protégés, dans lesquels nous nous sommes retrouvé seuls sauf trois fois pour une quinzaine de mouillages.
Autre règle très prisée, l'apéro. Le pisco fut une découverte vraiment très appréciée et toujours préparé par Yves le grand spécialiste aussi pêcheur de centollas au casier miraculeux.
Christine, intendante hors pair, a fait preuve d'innovation quotidienne tant pour l'apéro que pour les repas et deux fois par jour pendant toute la croisière. Bravo Christine !
A ce bord, nous nous sommes montrés de modestes exécutants mais avons apprécié le professionnalisme de deux grands navigateurs que sont Christine et Yves. 22 (mon homme) a contribué à quelques entretiens mécaniques.
Ce fut trois semaines d'entente cordiale à partager le gout du bateau sous voile ou au moteur et à profiter d'une nature aussi impressionnante qu'est la Patagonie.
Merci Christine, merci Yves, merci Orionde pour votre accueil inoubliable.

Au jour le jour

 


Beagle le 05/02/2020; Allez on continue les mails journaliers. Nous voilà repartis à rebours vers l'ouest, avec Yves et Marie-Noëlle (de Optimist pour ceux qui ne savent pas). On va faire le tour de l'ile Gordon en 15 jours, tranquilles. Partis comme d'hab à six heures du mat en s'extirpant de l'amas des bateaux amarrés au Micalvi. C'est parti pour 30 milles jusqu'à la caleta Létier. Evidemment on oublie d'allumer la vhf et quand on le fait un peu plus tard, on se fait remonter les bretelles par l'Armada. On avait déjà dit que dans le sens de la descente on sort rarement la grand-voile et que dans le sens de la remontée (comme aujourd'hui) on sort rarement le foc. C'est confirmé, 30 milles au moteur contre vents et marées mais avec pas mal de soleil. La caleta est magnifique, pleine de kelp qui brille au soleil(on imagine déjà les 100 kg accrochés à l'ancre demain matin), le casier est à l'eau avec ses moules appats, les cirés ont été rangés secs, on s'affaire à la cambuse, on se balade un peu à terre, on sieste, la vie est belle. Bisdorionde.



Beagle le 06/02/2020; Joyeux anniversaire Sarah (des fois que certains aient oublié). Chez nous c'est la fête aussi, GRAND BEAU TEMPS, pas un nuage, la Patagonie comme on ne l'avait jamais vue, les montagnes enneigées dans la mer, les glaciers qui brillent. Il suffit d'être patient. On est dans la Caleta Olla, on y était déjà il y a une dizaine de jours. une 4B cette après midi avec vue sur le Beagle et un peu sur le glacier mais il aurait fallu monter plus haut mais il aurait fallu ne pas se fourvoyer au départ, mais on aurait du emmener le topo mais on ne peut pas penser à tout, même Christine. Bisdorionde. PS : une 4B c'est une Belle Balade Bien Boueuse.



Beagle le 07/02/2020; L'anticyclone perdure pour notre plus grand plaisir, encore 1021 hpa, journée quasi méditerranéeene, soleil et mer d'huile, avec la neige et les glaciers sur les sommets en plus. Quoique il paraît que depuis Port Cros, les jours de grande visi, on peut voir les alpes enneigées. Donc pas de quoi faire vibrer les foules à notre écoute. On est ammarré dans l'estero Fouque, avec quatre boutes dans la toute petite caleta Lynch. Demain il fera encore beau, on ira jouer avec les glaçons au fond de l'estero. Ce soir centollas du casier, miam. Bisdorionde
 




Beagle le 08/02/2020; Toujours avec l'anticyclone, c'est super. En plus on s'autorise un petit-déjeuner avant de partir, dans un bateau réchauffé donc, car il n'y a que 8 milles à parcourir. Un premier petit glacier au pied dans le bras de mer, on fait beaucoup (trop) de photos, c'est vraiment superbe car en plus il est propre sur lui. On arrive au fond de la baie, entourée de hautes montagnes et de trois glaciers qui se jettent dans des moraines et non plus dans la mer tellement ils ont reculé !! Du coup une balade en dinghy, puis à pied, nous permet d'aller faire les touristes à côté des murs de glace, comme à la "mer de glace" sauf que là on est tout seuls. Arrivés au mouillage une otarie joue autour du bateau pendant une bonne demi-heure, curieuse et coquine à la fois. Il fait doux et chaud, on est en T-shirt et pieds nus, c'est ça aussi parfois la Patagonie ! Bisdorionde
 

Beagle le 09/02/2020; Fini l'anticyclone, c'est moins bien. Le ciel s'est couvert, il bruine, il ne manque plus que le vent pour un véritable temps patagonien. On est mouillé dans une baie magnifique, la caleta Coloane en honneur au célèbre écrivain chilien qui aime tellement cette région. Trois beaux et grands glaciers, deux suspendus et le troisième avec presque le pied dans l'eau. Des tas de cascades bien alimentées alors qu'il n'a pas plu durant les quatre derniers jours... On a vu quelques pingouins en y allant, ils sont bien petits ces oiseaux là qui ne savent pas voler, et ils plongent rapidement dés qu'on s'en approche. Pas d'autre voilier dans cette toute petite caleta, nous qui craignions de devoir partager ce bel espace avec d'autres ..! Demain Orionde ne bougera pas d'ici, examen général du moteur (avec l'autre Yves), et on ira bien faire encore une autre balade. Bisdorionde



Beagle le 10/02/2020; Estimados, Les informamos de que el Velero ORIONDE esta todavia fundeado en la Caleta Coloane del Brazo Suroeste (55°16 / 69°49). Se despide atentamente. Oups, ça c'était le mail quotidien à l'Armada. les nouvelles du jour, c'est que nous sommes toujours dans l'Estero Coloane. Le volvo D55 a réussi son examen ce matin, bravo à lui, merci à l'inspecteur 22 (Toutou pour les intimes). Balade bien agréable à nouveau vers le glacier non suspendu, et cette fois on a trouvé la pseudo-grotte avec le (pseudo ?) barrage de castor. Belles éclaircies, bref vol d'un condor, et une grosse centolla dans la nasse, loin de nous donc l'idée de se plaindre... Quelques nouvelles de Coloane ont été lues dans son recueil "Cap Horn", un peu dures, voire morbides pour certaines, reflétant bien l'ambiance de ce bout du monde. Bisdorionde.

Beagle le 11/02/2020; on a quitté le bras Suroeste du Beagle mais on est pas encore tout à fait dans le bras Noroeste du même Beagle. Ce matin, en sortant du majestueux estero Coloane on est allé faire un tour dans l'estero des Mille Cascades. Dieu que c'est austère, 200 mètres de large, 2000 mètres de long, 300 mètres de falaises plus qu'escarpées de chaque côté d'où déboulent quelques-unes des mille cascades qui doivent couler de partout après les habituelles grosses pluies. On admire mais on ne reste pas. Direction, la caleta Cachiyuyos, la bien nommée. Cachiyuyo ou cochayuyo, c'est le nom local pour le kelp et il y en a effectivement plein de ces tiges grosses comme le pouce qui remontent des fonds de 10 mètres exprès pour s'enrouler autour de l'hélice. Glande l'après-midi, bien que la pluie se soit arrêtée, on aurait du aller se balader, on ira demain matin. Bisdorionde.




Beagle le 12/02/2020; Ca y est on est dans le bras Noroeste du canal Beagle. Départ après un petit-déj "confort" pour le glacier du Seno Garibaldi, déjà vu il y a trois semaines. On tente notre chance car la météo est moyenne mais ça sera peut-être pire demain. Et bingo, on a gagné, il y aura des belles éclaircies et pas trop de vent, beaucoup de glaçons devant le glacier (qui a "fondu" un peu sous l'anticyclone), et c'est toujours aussi magnifique quand le soleil se montre. Dans l'après-midi on retourne dans le Beagle, et on se met à couple d'un autre voilier au mouillage de l'île Chair (elle s'appelle comme ça parce qu'elle a la forme d'une chaise ...). Apéro tout à l'heure avec les voisins, grands marins. c'est un gars du Kim, qui a hiverné en antarctique en 1981 et qui y est retourné 30 ans après jour pour jour, une de nos idoles !! Bisdorionde.

Beagle le 13/02/2020; On n'a pas bougé. Enfin, le bateau n'a pas bougé, nous on s'est levé pour larguer les boutes de notre voisin de caleta, on s'est baladé sur une ile pour une fois débonnaire, on a admiré les montagnes au loin qui ont bien voulu se dégager un peu, on a mangé puis siesté puis bullé puis joué avec les dauphins qui sautent autour de l'annexe, puis écrit ce tout petit mail avant l'apéro, la soupe et le yams. Voilà vous savez tout. Demain, c'est la caleta "cinco estrelas", tout un programme. Bisdorionde.


Beagle le 14/02/2020; On commence doucement le retour vers Puerto Williams. Premier stop sur la côte Nord de l'île Gordon, dans la caleta "cinq étoiles", comme si on était à l'hôtel..., sauf que c'est petit et assez encaissé mais du coup bien protégé du vent. Il y a un autre voilier, argentin, le "viejo lobo", avec 7 personnes à bord. Météo mitigée avec un temps de Normandie pour ce qui est de l'alternance pluie et soleil. Et à nouveau des centollas dans la casserole pour ce soir, trois de taille moyenne, c'est quand même très bien, même si les deux Yves rêveraient d'en avoir autant pour chacun dans son assiette ! Bisdorionde.

Beagle le 15/02/2020; Orionde sur les traces d'Orionde. Nous revoici à la Caleta Beaulieu, la bien nommée. On fait un tour aux glaciers du bras Est du Seno Pia, blanc bleu éclatant et on a pu enfin tourner sous voiles autour de l'annexe pour prendre des photos avec des glaçons même si le ciel manquait un peu de bleu. On s'arrête à la dérive devant la muraille pour déjeuner comme d'hab mais sans rien annoncer le vent passe au sud et nous voilà à cogner un peu fort des bouts de glace dont on ne sait s'il font cent kilos ou deux tonnes. En tout cas le bruit est désagréable et on se barre. Mouillage solitaire au fond de la grande Caleta Beaulieu... on y était à cinq bateaux il y a trois semaines. Bisdorionde.





Beagle le 16/02/2020; On fait au mieux avec une météo pas brillante. Il fait bigrement froid aujourd'hui. Glacier du bras Ouest du Seno Pia dans la matinée, sous une pluie assez continue et avec beaucoup beaucoup de growlers (morceaux de glace venus du glacier) qui assez rapidement nous empêchent de progresser. Demi-tour donc, de toutes façons on n'y voyait pas grand chose... Un peu de Beagle, puis mouillage dans la Caleta Morning en début d'après-midi, bien abritée, juste à côté d'une grosse cascade. Balade à terre entre les gouttes mais dans un joli décor, avec notamment belle vue sur le glacier "Romanche", glacier suspendu et son énorme cascade, ainsi que sur le glacier "Alemania". Demain on ira revoir ce glacier suspendu de plus près. Bisdorionde.

Beagle le 17/02/2020; Le petit mail du soir... même si on n'a pas grand chose à dire. Nous sommes de retour à Olla, normalement, on va y rester 48 heures si la dépression annoncée se confirme. Mais aujourd'hui, c'était sec et frisquet pour rererepasser devant les glaciers suspendus, dont on ne s'en lasse pas. Bisdorionde.

Beagle le 18/02/2020; On n'a pas bougé because météo, dépression assez forte qui nous passe dessus en ce moment. Du coup zéro photos, mais bricolage manette du moteur le matin, lecture, jeux de dés, ciné l'après-midi... Il faut bien occuper l'hyperactivisme de certains. Ah qu'on est bien dans le carré d'un bateau quand ça piaule dehors ! Bisdorionde.

Beagle le 19/02/2020; Toujours au même endroit, la dep passe t r è s t r è s l e n t e m e n t. Bisdorionde.

Beagle le 20/02/2020; Grand ciel bleu de bon matin, avec encore un bon petit vent d'Ouest. On en profite pour s'avancer un peu à la voile vers Puerto Williams. On s'arrête dans une grande Caleta, Caleta ferrari dans la baie de Yendegaia, une ancre seulement, pas besoin de boutes à terre. Balade à terre de l'après-midi sur un terrain plat, très étonnant par ici, mais balade vite écourtée en raison des marécages d'une part mais surtout des innombrables moustiques nous dévorant consciencieusement, dommage ! Bisdorionde.

Beagle le 21/02/2020; Du vent dés le bon matin, heureusement de l'arrière. Huit bonnes heures de voile, 2 puis 3 ris, puis la trinquette seule, et on finit avec que le solent. Ca bouge, la mer dans le canal est un peu agitée. Un belle et grande baie pour mouiller, notre dernière caleta de cet épisode, avant de rejoindre demain matin Puerto Williams qui n'est plus qu'à une dizaine de milles. Des vaches, une route, plein de nasses à centollas qui n'attendent plus que la reprise de la pêche, le paysage de la balade a beaucoup changé ! Bisdorionde.

De Puerto Natales à Puerto Williams




Dernier jour, en guise de résumé
En chemin vers l'est dans le Canal Beagle depuis la caleta Olla ce 28 Janvier, 64ième et dernier jour depuis Puerto Montt. Quelques grains, quelques rayons de soleil, quelques montagnes enneigées de frais, quelques rafales, quelques centollas entrées cette nuit dans le casier, quelques apparitions très proches d'une baleine, quelques manchots égarés, des albatros heureux de jouer avec le vent. Plein vent arrière, la grand-voile restera aujourd'hui dans le lazy-bag. 20 noeuds (trinquette et solent en ciseaux) ou 25 (solent) ou 30 (trinquette) ou même 35-40 (trinquette demi-roulée). Alors Caleta Létier ou Puerto Williams direct ? Finalement, vu que le temps ne nous permettrait pas grand chose comme activité de plein air  on continue vers Puerto Williams pour tracer le dernier point rouge et le dernier trait vert sur la carte affichée sur la porte des toilettes.


On est quand même un peu fier de nous même si l'arrivée au Micalvi encombré d'une vingtaine de bateaux sur trois rangées à couple a été complètement foirée avec raguages et engueulades.

Pendant ces deux mois, tout s'est bien passé, le bateau et l'équipage n'ont pas souffert du tout physiquement des éléments, peut-être un peu psychologiquement (pas le bateau) pour cause de météo qu'on savait venteuse mais qu'on n'avait pas imaginée aussi humide et surtout nuageuse. Plein de moments inoubliables (Bahia TicToc,
Seno Iceberg, Puerto Eden, Caleta Amalia, Magellan, Gordon...) et quelques frustrations qu'on aura vite oubliées. Et surtout 63 bonnes nuits alors qu'on en imaginait de nombreuses à avoir peur de déraper ou de casser un boute. Aude et Sébastien sont repartis. Maintenant va falloir crapahuter nous-mêmes pour mettre les boutes mais finalement, ça n'a jamais été scabreux.


Quelques photos

Toutes les photos de la seconde partie : https://photos.app.goo.gl/g7LF9CRyD2pvwD6w5

Au jour le jour

J48, Puerto,Natales -> Caleta Mousse
Nous sommes repartis de Puerto Natales ce matin, après une petite semaine de micro-climat presque chaud et presque sec. On a repris la route des canaux et la routine des semaines précédentes un tiers à la voile, deux tiers au moteur, une demi-heure de quart chacun, un lever très tôt à 5h30, et une arrivée pour la sieste dans la Caleta Mousse dont on a compris le nom en voyant les abords moussus (et glissants) à foison. Très jolie navigation dans l'angostura White avec plein de courant avec nous, on aurait dit une rivière. Nous sommes quatre pour cette seconde partie avec le Sébastien d'Aude, l'installation des quatre boutes est désormais une rigolade et à nous les coinches. Bisdorionde.

J49, Caleta Mousse -> Caleta Victoria
On a retrouvé les fondamentaux de la croisière en Patagonie : hier en fin d'aprem, jolie balade sur la lande spongieuse pour monter sur le promontoire d'où on pourra photographier encore et encore le bateau, ce matin relevage du casier à centollas avec cette fois une vraie dedans (mais trop petite pour être cuite), matinée en zigzags dans les canaux sous un plafond bas et de temps en temps crevé. On repasse par le travers de l'estero Las Montanas, très joliment bordé de glaciers et de montagnes mais qui ne nous aura pas souri ni à l'aller ni au retour. On débouche dans le canal Union pour retrouver vingt, puis trente noeuds dans le pif mais heureusement on retrouve aussi des frères d'infortune, Elora et Kobaia, qui ont dormi à l'ile Jaime et sont de l'autre côté du canal. Et donc toute l'après-midi à tirer des bords presque carrés à cause du courant, à mettre et démettre le troisième ris, à s'aider du moteur pour virer ou pour "caper". Et à 16h30 on est amarré à trois bateaux, deux ancres, huit boutes et quinze cirés. Ce soir apéro collectif pour se requinquer. Bisdorionde.

J50, Caleta Victoria -> Caleta Dardé
On a retrouvé les copains de bateau, Elora et Kobaia. Après une soirée bien arrosée et une nuit très courte pour certains, balade à terre avec plutôt beau temps. Les pêcheurs qui ont aussi passé la nuit là regardent avec bienveillance nos nasses à centolla, et en fin de matinée ils reviennent d'une séance de plongée en nous ramenant 4 seaux pleins de centollas qu'ils viennent d'attrapper. Vraiment sympa ces pêcheurs de la Patagonie. L'après-midi navigation assez tranquille, plutôt beau temps et des belles éclaircies, avec aussi quelques averses de grêle, mais temps bien agréable pour ici. Mouillage à nouveau à trois bateaux dans une très jolie baie. Et ce soir centollas à la mayonnaise maison. Bisdorionde.

J51, Caleta Dardé
Standby dans la Caleta Dardé, le vent est trop Sud et trop fort aujourd'hui. Belle balade cette après-midi, bon apéro en perpective ce soir. Demain on avance un petit peu vers le sud pour se positionner près de l'entrée du Détroit de Magellan mais après-demain, si on en croit les prévisions, on n'avancera pas du tout. Bisdorionde.

J52, Caleta Dardé -> Caleta Teokita
Navigation de 15 milles tranquille au portant pour arriver dans la Caleta Teokita (joli nom hein ?). Temps patagonien, vous connaissez maintenant. On a fait plein de photos d'Elora et de Kobaia... quand ils nous doublent (c'est ralant mais normal, ils font deux mètres de plus que nous). L'endroit du mouillage est agréable, entrée étroite, et on est toujours à 3 bateaux. Un moyen emmerd ce jour, on a crevé l'annexe en raison des moules qui foisonnent sur les rives et qu'on peut même pas manger pour cause d'intoxication ("marea roja" disent-ils) peu probable mais mortelle donc pas pour nous ! Réparation faite (photo à l'appui), on verra demain si ça tient. On est au bord du Détroit de Magellan, mais on va rester planqué jusqu'à Dimanche. Tout va bien, on est en bonne compagnie, il y a des balades à faire et il reste du pisco. Bisdorionde.

J53, Caleta Teokita
Standby dans la caleta Teokita ce samedi. On est  monté sur la colline, on y tenait à peine debout et on voyait au loin l'entrée du Détroit de Magellan, bien blanc. Bisdorionde.

J54, Caleta Teokita, encore
Standby dans la caleta Teokita ce samedi. On est même pas remonté sur la colline, vue la pluie battante et interrompue. On restera aussi demain dimanche... mais Lundi c'est sûr sera un autre jour. Bisdorionde.

J55, Caleta Teokita, toujours
Encore Teokita, pour cause de vent encore fort. Encore une balade sur la lande encore plus spongieuse. Encore un apéro bouffatoire collectif et sympathique. Bisdorionde.

J56, Caleta Teokita -> Caleta Notch
Ca y est on est entré dans Magellan ....!! Et on n'a rien vu : pas de houle malgré les 4 mètres de creux décrits hier à la météo, pluie fine, visibilité même pas 500 m.... Mais bon on est bien dedans, promis juré craché. Belle nav au portant avec 15-25 noeuds de vent, encore une fois qu'est-ce qu'on est contents de faire les canaux dans ce sens là ! Mouillage dans la jolie caleta de Notch, avec une éclaircie qui nous permet de l'apprécier d'autant plus. Et on en repartira dés demain matin, faut bien rattraper le temps perdu. Bisdorionde.

J57, Caleta Notch -> Caleta Murray
Belle navigation avec beaucoup de compagnie, voiliers copains bien sûr mais aussi cargos, pétroliers, pêcheurs, etc ... Et en plus on a eu la chance de voir une baleine, d'assez près, toute seule mais qui nous a bien montré toutes ses facettes, y compris sa queue ! Et aussi plein d'oiseaux, des pinguins, des otaries. Et encore du soleil quasi toute l'après-midi, on n'en revenait pas. On arrive un peu tard au mouillage mais c'est pas grave. Et un magnifique ballet de dauphins sauteurs nous accompagne jusqu'au fond de la baie. Pas de boute ce soir, que l'ancre et que nous dans la caleta Murray. Bisdorionde.

J58, Caleta Murray -> Puerto Atracadero
Des milles, soixante milles, par temps calme et clair et même ensoleillé parfois, voile et moteur as usual. On est sorti du détroit de Magellan, on est rentré dans le Canal Pedro qui devient le Canal Acwalisnan (qui c'est ?) qui rejoint le redouté Canal Cockburn ouvert à l'ouest qui aujourd'hui était encore bien houleux mais sans rides. Et au sud de ce Canal, c'est la grande ile de la Terre de Feu qui commence. On y a laissé à gauche le Canal Occasion pour embouquer le Canal Brecknock entouré de montagnes minérales arrondies par le vent avec juste quelques arbres dans les trous abrités. Et au bout du Canal Brecknock, il y a Puerto Atracadero, notre refuge du jour. Atracadero, débarcadère en espagnol, un repaire de pêcheurs... en saison et ce n'est pas la saison, on est tout seuls. On laisse de côté plein de caletas et de montagnes et de canaux aussi jolis et attirants les uns que les autres mais en deux mois, on ne peut décidemment pas tout faire. Il en faut six au moins pour profiter de cette Patagonie, mauvaise programmation. Bisdorionde.

J59, Puerto Atracadero -> Caleta Lagunas
Journée de nav tranquille, essentiellement au moteur, et avec pas mal de soleil, bien plus que l'on n'aurait cru ce matin. On a même pu déjeuner dehors ! ça fait longtemps que ça ne nous était pas arrivé... Une otarie suiveuse et joueuse, mais pas d'autres animaux. Belle petite baie pour le mouillage, offrant des plaisirs de balades et de pêche dans un lac. On s'approche du canal Beagle et des glaciers de la cordillera Darwin, et on espère bien en profiter malgré les caprices du temps. Bisdorionde.

 J60, Caleta Lagunas -> Caleta Scherzo
Nous avons démêlé notre toile de boutes bien tôt ce matin pour partir de la caleta Lagunas. Toujours quatre boutes, c'est la règle pour bien dormir même si la météo est calme. Une vingtcinquaine de milles plus loin, nous entrons dans le Canal Beagle, il reste 100 milles pour Ushuaia et Puerto Williams. Un beau voyage se termine, un autre commence. On va passer deux mois à parcourir ce Beagle avec les uns puis avec les autres et on espère bien y profiter ensemble des glaciers, des montagnes, des balades, des mouillages, des centollas et bien sûr du Horn. Chaque chose en son temps. Aujourd'hui nous sommes dans le Seno Garibaldi (pas la peine de chercher, le "vrai" Garibaldi n'est jamais venu ici), un fjord taillé dans la montagne qui remonte au nord sur 20km. Et au bout du fjord, le Mont Darwin à 2400 mètres, des glaciers suspendus à gauche et à droite et surtout un grand glacier qui tombe dans l'eau avec ses cinquante (cent ?) mètres de hauteur. On zigzague entre les glaçons qui tombent avec un bruit beaucoup plus impressionnant que les bouts de glace qui en résultent. Cette fois on en met un de trente kilos sur le pont pour les caïpirinhas à venir et comme d'hab on s'amarre au plus gros pour déjeuner. Retour de quelques milles en arrière et on s'installe dans la Caleta Scherzo (encore un nom inventé par un yachtie, pas par un chilien), minuscule, impossible d'y mettre un second bateau. Les arbres sont rares mais ça va on tient de tous les côtés. Bisdorionde.

J61, Caleta Scherzo -> Caleta Beaulieu
Partis de la caleta Scherzo à 8h00, après avoir remonté la nasse à centollas, pleine !!!!  Partis en mode presto subito, vu que le vent s'est levé et que le clapot rentrait. On enlève les cinq boutes à la volée, Aude est toujours aussi agile, et c'était cool d'avoir mis 60 mètres de chaine pour se sortir de la caleta au guindeau. On déboule le Seno Garibaldi avec un demi-foc et nous voilà 4 heures plus tard dans la caleta Beaulieu du Seno Pia avec une magnifique vue sur un autre glacier et un autre Mont Darwin ? En fait il y en deux de Mont Darwin, vu que ceux qui ont nommé le second ignoraient que le premier avait reçu ce nom en l'honneur des vingt-cinq ans de Charles. Changement radical de type de croisière, il y a trois autres bateaux au mouillage, ce qui fait, avec les deux croisés ce matin, plus de voiliers en une matinée que ce qu'on a jamis vu depuis Puerto Montt. Belle balade à terre l'après-midi. Bisdorionde.

J62, Caleta Beaulieu
Journée grise et pluvieuse et un peu morose, un peu de bricolage et un peu de nettoyage. On est resté au même endroit, devant le glacier avec le mont Darwin derrière, qui ne s'est pas découvert d'un poil. Petite balade quand même pour les jeunes, petit scrabble quand même pour les autres jeunes, menu provençal avec pissaladière et ratatouille pour repeindre le ciel. Il parait qu'à Puerto Williams on (radio-ponton ?) dit qu'il s'agit d'un été pourri, les randos de plusieurs jours sont difficiles à organiser. Demain on progressera un peu dans le Beagle, fin de partie dans trois jours. Bisdorionde.

J63, Caleta Beaulieu -> Caleta Olla
Excellente journée qui commence avec un petit-déjeuner devant le glacier Est du Seno Pia. Puis on enquille le Beagle sur 20 milles avec des paysages grandioses sur les glaciers au Nord (glaciers Frances, Italia, Alemana, Holandia). Ces glaciers qui se jettent directement dans le Beagle provoquent de violentes rafales, dites rafales qui nous font avancer à plus de 7 noeuds au bon plein sous solent réduit seul... Mouillage bien large et tranquille dans la Caleta Olla, avec deux autres voiliers pour compagnie. Belle balade à terre l'après-midi pour aller voir le glacier Holandia et son lac de déversement. Au retour on a droit à un superbe vol de plusieurs condors, qui se montrent de pas trop loin, et on échappe de peu à la bonne douche du grain qui arrive dans le canal Beagle. Excellente journée qui se termine avec un boeuf bourguignon, la viande de Puerto Natales s'est magnifiquement conservée sous vide. Bisdorionde.

J64 et dernier, Caleta Olla -> Puerto Williams
voir au début.